Mars Volta – « De Loused In The Comatorium »

De Loused In The Comatorium[Album]
01/07/2003
(Barclay/Universal)

Ranger au placard un groupe qui les aura propulsé au rang de figure internationale alors que celui ci était à l’apogée de son succès, prouve tout le courage qu’ont pu avoir Cedric Bixler et Omar Rodriguez lorsqu’ils ont décidé de mettre fin à la carrière d’At The Drive In. Tandis que d’autres ont continué dans un registre assez similaire avec Sparta, les deux chevelus avaient déjà en tête ce qu’allait devenir The Mars Volta. Envie de liberté et d’imprévu, volonté de repousser ses propres limites de musiciens, voilà ce qui amène aujourd’hui le groupe à accoucher de ce « De Loused In The Comatorium » conceptuel puisque entièrement inspiré de la tentative de suicide d’un de ses proches

Chefs d’orchestre du projet, Cedric et Omar laissent cependant la part belle à l’improvisation et à l’expression musicale des autres membres qui apportent, eux aussi indéniablement, leur pierre à l’édifice

Progressif. Tel est le mot qui revient régulièrement lorsque l’on parle de Mars Volta. S’il est difficile d’oublier At The Drive In à cause, d’une part, de cette voix reconnaissable et, d’autre part, de ces riffs caractéristiques émanant de la guitare d’Omar, force est d’avouer que cet album marque une réelle évolution dans la carrière de ces deux musiciens. Les morceaux semblent ici plus réfléchis, plus profonds, moins conduits par une énergie débordante comme cela pouvait être le cas jadis, plus contrastés voir même plus expérimentaux. Ainsi les six cordes bourrées d’effets, tantôt bruitistes tantôt mélodiques, plongent dans des sonorités électroniques ou de percussions, ou une rythmique fournie et très technique donnant une couleur des plus originales à un album aux influences multiples. Cedric Bixler semble, tout au long de cet opus, jouir pleinement d’une liberté qu’il paraissait chercher depuis longtemps. Ainsi ses lignes de chant mélancoliques habitent chaque morceau tout en restant imprévisibles et contribuent à la légèreté surprenante de cette production menée de mains de maître par Sieur Rick Rubin

Certes, on se surprendra régulièrement à regretter cette furie incontrôlée qui hantait At The Drive In. Mais Mars Volta a le mérite de faire avancer la carrière de ses auteurs qui, avouons le, se seraient ridiculisés si tel n’avait pas été le cas. La liberté de composition et la découverte de nouveaux horizons renvoient aujourd’hui une expérience de jeunesse et une hargne post adolescente au rang de souvenir. « De Loused In The Comatorium » en ravira certainement plus d’un du fait de sa plus grande maturité et accessibilité. Aussi incontournable…qu’At The Drive In.

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon
  • Achat sur ITunes
À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire