Majesticons – « Beauty Party »

Beauty Party[Album]
28/01/2003
(Big Dada/Pias)

Après un premier volet, « Infesticons », qui avait fait grand bruit dans le monde du hip hop indépendant grâce à un nombre incroyable d’invités, Mike Ladd (un des francs tireurs les plus remarqués de la musique noire aux USA) remet le couvert avec « Majesticons », le second chapitre intitulé « Beauty Party » de cette trilogie, véritable enquête sur les notions de beauté dans la société afro-américaine. Alors qu’il y a deux ans, le concepteur phare de Big Dada contait l’histoire des humiliés de cette société, c’est au tour des faux riches d’être pris pour cible avec cet album dans une pure lignée post gangsta rap

Rappelons les faits. Les Majesticons, robots gangstas, sont remis accidentellement en service après leur création, partent à la conquête de New York mais s’opposent vite aux Infesticons, issus de la périphérie des cinq quartiers de la ville, qui finissent par s’imposer sur « Gun Hill Road » dans le nord du Bronx. Désormais, sonne l’heure de la revanche des Majesticons qui se voient enseigner les moeurs de vrais nantis par les Trusticons face au ralentissement économique faisant de la consommation ostentatoire un pêché

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Mike Ladd donne ici naissance à des productions hip hop transpirant la superficialité, l’ironie et la surproduction et fait appel à des artistes endossant le rôle de Mcs pleins aux as ou de divas neo soul prêts à dominer la dominante pop du moment. C’est dans cet état d’esprit et avec une liste de featurings toujours aussi impressionnante (Cheeta Chinchilla, Vast Aire, Disasterous, Murs, Ivy League, LIFE Long, Hampton Jitney, Omega Moon, Kim Shimmer, El P, Chubzee C, Sprinkles, Jimmies, Cherri) que débute ce « Beauty Party » qui ne se prive pas de pousser encore plus loin les stéréotypes commerciaux du hip hop actuel comme avec des titres simili ragga rn’b hip hop (« Piranha Party », Prom Night Party »), bounce hip hop (« Fader Party », « Platinum Blaque Party »), hip hop soul (« Brains Party », « Helicopter Party », « Parlor Party »), neo soul (« Luv Thief Party »), ou même presque pop (« San Trope Party »). Cependant dans des registres similaires, nous soulignerons les très convaincants « MajestWest Party », « Dwarf Star Party », « Suburb Party » feat El P, et « Game Party » qui, on l’espère, annoncent un troisième chapitre au concept plus underground

Si l’orientation musicale de ce « Beauty Party » en refroidira plus d’un, notamment ceux qui avaient littéralement scotché sur « Infesticons », elle s’avère pourtant nécessaire à la cohérence de cette trilogie plutôt bien menée. Inutile donc de qualifier Mike Ladd de vendu, qualifions le plutôt de génie qui s’adapte de la plus belle manière et avec culot à tous les genres d’un hip hop en perpétuelle mutation. « Beauty Party » est destiné à deux publics, les Majesticons et ceux qui comprennent et qui jugent l’oeuvre dans son ensemble. Immanquable pour les férus de l’histoire..

Ecoutez un extrait sur le site Big Dada

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