Madvillain – « Madvillainy 2: The Madlib Remix »

Madvillainy 2: The Madlib Remix[Album]
15/09/2008
(Stones Throw/Stones Throw)

Quelques mois avant de rendre sa copie pour la série Beat Generation, l’hyper productif Madlib prend le temps de donner suite au projet Madvillainy, le combo haut de gamme formé avec le tout aussi énigmatique MF Doom, auteur en 2004 d’un album acclamé par la critique et matière première de cet album de remixes (chez Stones Throw on préfère parler de morceaux entièrement « retravaillés ») censé ne jamais être commercialisé.

Sauf que Otis Jackson Jr n’est pas qu’un loopdigger compulsif, il sait également faire preuve d’altruisme: « Madvillainy 2 » sortira finalement au milieu de « The Box », un coffret collector uniquement disponible sur le site du label et produit en fonction des pré-commandes. Moyennant la somme de 125$ (hors frais de port) et en plus d’une ribambelle d’accessoires allant du tee-shirt à la cassette démo, vous aurez donc droit à une nouvelle dose de cette formule presque éculée depuis le temps, marque de fabrique de l’ex-pensionnaire du Bomb Shelter Studio: empilement de morceaux à peine plus long qu’une interlude, références jazz omniprésentes, instrus bancales à souhait… Et comme à chaque fois ou presque avec celui qui se considère avant tout comme un Dj, on se retrouve bien embêté pour porter une jugement sur ce qu’on entend. Simple compilation de samples plus ou moins grillés ou véritable travail de production, à défaut d’avoir la culture musicale encyclopédique du bonhomme, on se contente d’apprécier le résultat proposé. Car si sa frénésie discographique nous ferait pencher sans peine pour la première hypothèse, une chose est sûre, la mayonnaise finit toujours par prendre et l’on doit au moins s’incliner devant la facilité apparente avec laquelle le Californien mélange les univers pourtant variés. De la guitare contenue et répétitive de « Drainos » aux notes de synthés épiques sur « Sermon », Quasimoto brasse les atmosphères dans une logique qui n’appartient qu’à lui, aussi inspiré en Mc furtif (« Light Of The Past ») qu’en chef d’orchestre tantôt onirique (« Borrowed Time » ; « Fire In The Hole »), tantôt incisif. En résumé, sur ce « Madvillainy 2 » comme sur ses nombreux prédécesseurs (et probables successeurs), ça crépite du début à la fin, on n’est pas sûre de tout saisir mais qu’importe, le temps d’un disque on a le sentiment de s’instruire en bonne compagnie, porté par les textes intemporels du Londonien d’origine et la démarche pédagogique du « Beat Konducta ». Un avant-goût réjouissant de leur prochaine collaboration.

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