Made Out Of Babies – « The Ruiner »

The Ruiner[Album]
29/08/2008
(The End/Season Of Mist)

Au cas où il y aurait encore quelques rescapés de ses deux premiers albums, Made Out Of Babies reprend du service après s’être octroyé une pause légèrement plus longue que celle qui espaçait « Trophy » et « Coward ». Peut-être en raison de son départ de chez Neurot pour son nouveau toit The End, un changement qui ne va pas sans se répercuter sur sa musique s’inscrivant pourtant pleinement dans la continuité. Car, inutile de s’attendre ici à une remise en question générale, les Américains restant fermement décidés à vous livrer, comme à leur habitude, cette bonne dose d’acouphènes auxquels ils vous ont habitué depuis leurs débuts. Et le supplice débute dés l’excellent « Cooker » ou les arrangements sur les guitares et sur la voix affichent une volonté de profondeur, de passer la violence des compos du stade brut de décoffrage à un autre plus réfléchi, plus sadique encore. Le chant de Julie Christmas, doublé de ses hurlements lointains, passe un nouveau cap en s’adaptant avec une facilité déconcertante à toutes les différentes phases du morceau. Le ton est donné. En optant plutôt pour la tension à toute épreuve, « Grimace » (tout comme, plus tard, « Bunny Boots ») brouille les pistes, avant que l’excellent « Invisible Ink » ne revienne mettre un peu de féminité piquante via quelques breaks bien sentis et de doux trompes l’oeil. Puis, toujours confortablement installés sur des compositions solides et bien pensées (« Buffalo » et ses allers-retours acoustiques et électriques), la démoniaque new yorkaise se lance, sûre d’elle, dans quelques envolées lyriques contrastant avec la lourdeur musicale, telle une colombe survolant d’interminables ruines encore fumantes (« The Major »). Celles auxquelles on goûte nous aussi une fois atteinte la fin de ce « How To Get Bigger », titre magistral clôturant ce nouvel opus de la plus belle des manières. Made Out Of Babies s’émancipe, de ses influences mais aussi de lui-même. C’est ce qu’on retiendra avant tout de ce « The Ruiner », parfait numéro d’équilibriste pendant lequel le groupe, sur son fil, creuse encore l’écart sur ses poursuivants

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