Mac DeMarco – ‘Salad Days’

Album / Captured Tracks / 01.04.2014
Pop à la coule

Trop fréquemment, les lignes éditoriales deviennent si soumises au rythme de l’actualité, des sorties d’albums, qu’on en oublie de prendre le temps nécessaire à la digestion d’un bon disque. Pour ce nouvel opus de Mac DeMarco, évidemment attendu par de nombreuses oreilles, on a fui l’idée de la chronique en urgence pour qu’il nous accompagne durant nos vacances sur ses terres natales et adoptives. Ses ‘Salad Days’ ont donc été dégustées avec gourmandise dans le froid sec de Montréal et le soleil de Brooklyn, soit à peu près les meilleurs endroits au monde pour apprécier comme il se doit la nonchalance d’un des mecs les plus cools de notre ère.

Qu’importe que le Canadien revienne (beaucoup) à ses précédentes recettes, sa pop en forme de smoothie plein de grumeaux fait toujours mouche. L’ouaté ‘Brother’ marque par sa lenteur hypnotique, ‘Go Easy’ n’aurait pas pu être mieux intitulé et ‘Goodbye Weekend’ provoque par sa béatitude imparable l’envie d’y revenir. Comme souvent avec Mac DeMarco, ‘Salad Days’ jouit d’un vernis K7 compilée pour les vacances, avec toutes les variations émotionnelles qui s’imposent.

Mais cette fois, c’est avec une grande réussite que le songwriter délaisse un temps les guitares pour s’entourer de synthétiseurs. Déjà dévoilé sur la toile en début d’année, ‘Passing Out Pieces’ confirme le souhait d’une orchestration plus ambitieuse. En plus d’ouvrir de nouveaux horizons au compositeur, ce travail marque par son audace. Ainsi, ‘Chamber Of Reflection’ surprend par sa puissance sensitive. Reprise d’un thème des années 70 composé par un japonais (merci à Botibol pour l’information), ce titre est peut-être le plus grand tube du disque, du moins le plus à même de provoquer une grande vague de luxure.

Les écoutes répétées de ‘Salad Days’ ne sont pas sans évoquer la sensation d’un doux lendemain de cuite, sauvé par l’ingestion de Bloody Mary. Le soleil à peine voilé crame lâchement la peau, les yeux plissent et le reste du corps exige du repos. Ça tombe bien, aujourd’hui il n’y a rien de mieux à faire de que se vautrer sur le canapé, fenêtre ouverte sur les bruits de la rue, en regardant tranquillement la cigarette se consumer dans le cendrier, trop épuisé pour que le bras vienne l’attraper.

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‘Passing Out Pieces’, ‘Treat Her Better’, ‘Chamber Of Reflection’

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