Mac DeMarco – ‘Another One’

Album / Captured Tracks / 07.08.2015
Laissez-moi en paix, là où je suis, je n’ai même pas la 3G

Le problème avec Mac DeMarco réside dans l’addiction que ses disques génèrent. Pour beaucoup, ils font l’objet d’une écoute inlassable, en dépit des mois qui passent, des saisons qui changent. À force, ils engendrent même des réflexes. J’ai un ami (cela arrive à des gens très bien) dont le lecteur CD de l’automobile n’accepte plus que ‘Salad Days‘. Il n’y a plus un trajet longue distance qui se déroule sans une ou deux écoutes de cet album. On le connait par coeur. On anticipe chaque morceau en imitant les introductions instrumentales avec notre bouche, on précède les paroles, cela devient un automatisme infernal. L’obsession devient incessante. On vit, on pense, on rêve Mac DeMarco. Même dans mes songes les plus profonds, son visage revient. Avez-vous déjà vu le corps de votre mère affublé de la gueule souriante de Mac DeMarco et ses dents du bonheur? Non, et bien, il n’y a pas une semaine sans que ce cauchemar ne vienne hanter mes nuits. Et puis, il y a les autres, si bien définis comme ‘L’Enfer’ par Sartre, qui se pressent de vous commenter le dernier exploit du chanteur sur scène, sa dernière face B, ses titres inédits, son nouveau clip en Technicolor. À chaque jour que Diable fait, sa nouvelle actualité de Mac DeMarco. Il est partout. Partout.

De fait, la sortie d’un nouvel album n’est pas sans provoquer quelques frissons, tremblements, voire même quelques sueurs enfiévrées. Cela fait tout juste quelques semaines que le sevrage faisait effet, qu’on pouvait se promener à un concert ou un festival sans apercevoir son ombre, balayer son baladeur sans effleurer l’un de ses morceaux. C’était apaisant. Mais trop beau pour être vrai. Il n’en fallait pas plus pour que le Mac ne jette avec cette désinvolture qui le caractérise un ‘Another One’ au titre bien évocateur. Tiens, je t’en balance ‘un autre’ au cas où tu n’aies pas bien compris. Alors, on cède et on l’écoute. Et c’est beau, très cool, comme d’habitude. On fond encore avec ‘A Heart Like Hers’ et ses choeurs énamourés.

Cependant, on ne peut plus. C’est trop. Ce n’est pas de sa faute, juste de la nôtre. Quelle idée d’écouter une discographie jusqu’à l’insolation, d’autant que ce nouveau-né est peut-être même plus envoûtant encore que le précédent. Néanmoins, il faudra qu’il prenne encore de l’âge, et nous aussi, pour que nous l’apprécions à sa juste valeur, et écrire nos louanges comme il se doit.

‘Heart Like Hers’, ‘I’ve Been Waiting For Her’

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