M83 – « Hurry Up, We’re Dreaming »

m83180Album
(Mute/Naive)
17/10/2011
Pop shoegaze synthétique

Avant même d’écouter cette nouvelle météorite venue de la galaxie M83, on aurait pu prédire les adjectifs qu’on allait utiliser dans cette chronique. Épique, rêveur, intense et féérique. Ça n’a pas manqué. Anthony Gonzales consolide son style si singulier jusqu’à la maîtrise totale tout au long de son nouvel album « Hurry Up, We’re Dreaming », véritable blockbuster pop qui vient couronner les dix ans d’existence du groupe. Avec une intro et une outro en forme de générique de début et de fin, ce cinéphile averti construit son bébé comme un film, avec des moments forts, de la romance, des effets spéciaux, quelques longueurs, et même une entracte puisqu’il tente le pari osé du double-cd. Peut être le cd de trop, mais chaque partie comporte ses perles, co-produites ici par le bassiste Justin Meldal-Johnsen (qui a travaillé avec Beck) et mixées par Tony Hoffer (Air, The Kooks). Courons donc acheter du pop-corn pour profiter au maximum du grand spectacle en se laissant berner (ou bercer?) par ces aventures à mi-chemin entre pop et shoegaze. A trente ans, Anthony Gonzales met sa timidité au placard et chante de plus en plus fort, notamment sur « Reunion » qui culmine au rang des highlights de ce disque, juste derrière le premier single « Midnight City ». Ce titre, qui a servi de teaser, révèle M83 dans toute sa splendeur, naturellement tubesque et spectaculaire, qui contrôle nos émotions avec sa petite télécommande, sans compter ce surprenant solo de sax final. Cet amoureux du son des années 80 combine alors revival et modernité sur des titres comme « OK Pal » entre Jean-Michel Jarre et My Bloody Valentine, ou « Claudia Lewis » dont la basse funky fait l’effet d’une surprise dans le son du bonhomme. Pendant que « Wait » aide le soleil à se lever, les couches se superposent comme d’habitude pour donner naissance à des gratte-ciels synthétiques qui organisent entre eux des concours d’altitude, avec « The Bright Flash » d’un côté, et le sirupeux « New Map » de l’autre… « Raconte-Moi Une Histoire » trahit une fois de plus sa nostalgie de l’enfance et de l’adolescence (voir son précédent album « Saturdays=Youth ») et Gonzales nous invite à rêver dans l’urgence sans se poser de question, à l’intérieur d’une expérience narcotique qui se déroule sur un dancefloor où résonnent les élans ambient de « Another Wave From You », la cavalcade sixties de « Fountains » ou le rock gonflé à l’hélium de « Steve McQueen »… Grandiose.

En écoute

Disponible sur
itunes3

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