Lysistrata – ‘The Thread’

Lysistrata – ‘The Thread’

Album / Vicious Circle / 20.10.2017
xxxx-rock


Si, en quelques mois, tout semble avoir changé pour Lysistrata, sa mutation s’est surtout faite dans l’esprit d’un public qui n’avait jamais entendu parler du trio avant sa soudaine médiatisation offerte par le prix Ricard S.A. Live Music et le prix du Jury des Inouïs dont il a été lauréat cette année. Parce que musicalement, que ce soit sur scène comme sur disque, rien ne semble avoir trop bougé pour ce groupe constamment la tête dans le guidon, chez qui le plaisir dégomme inlassablement toute notion d’opportunisme.

La preuve, alors que sort son tout premier album chez Vicious Circle, Lysistrata n’a pas mis les plats dans les grands pour autant. Guidé par sa ferme volonté de sonner le plus fidèlement possible à ce qu’il est sur les planches, le trio a choisi d’enregistrer ses sept titres au studio Black Box, dans les conditions du live, sous la houlette de l’ingé son de ses concerts. Et tant pis si la production reste perfectible et si certains défauts sont de la partie : plutôt que de plomber l’histoire, ils ne font que renforcer l’authenticité de ce groupe de vingt ans de moyenne d’âge qui, finalement, ne se soucie de pas grand-chose, surtout pas de son style musical aux vues des nombreuses références qu’il mélange ici avec beaucoup de cohérence.

Car lui coller sur le dos une seule étiquette math rock, post rock, noise ou post hardcore refléterait trop peu son ouverture d’esprit. Lysistrata, c’est plutôt tout à la fois, du rock quel qu’il soit tant qu’il est spontané et qu’il se joue dans sa configuration classique, batterie-basse-guitare-chant. Avouez que ça ouvre pas mal l’horizon. Tant mieux parce qu’à Saintes, on l’embrasse, on l’embrase aussi en s’appuyant sur une technique impressionnante, fraîche car jamais démonstrative au fil de ces sept titres ou l’on tombe sur deux anciens morceaux légèrement revus et corrigés (‘Asylum’ et ‘Sugar & Anxiety’), mais surtout sur une poignée de nouvelles pépites couvrant le spectre bien connu du groupe.

Ainsi, dans la foulée du rock mélodique affiché par le titre éponyme dévoilé depuis quelques semaines, ‘Answer Machine’ se présente comme une parfaite carte de visite du Lysistrata 2017. Avec ses multiples changements d’ambiance emballés en huit minutes, tout y est : l’énergie, l’émotion, les mélodies, les changements de rythme, les breaks maîtrisés sur le bout des doigts. Plus tard, ‘Reconciliation’ laisse éclater des élans noise entre deux longues montées en intensité, puis ‘Dawn’ offre un bref interlude expérimental invitant à se jeter dans le gros morceau du disque. Avec douze minutes au compteur, le final ‘The Boy Who Stood Above The Earth’ parvient à nous étonner tout en sonnant familier, mais surtout adresse deux promesses essentielles à Lysistrata : la matière est là pour de prochains concerts bouillants, et ce qui n’en finit pas de germer tout au long de cet album appelle à des lendemains qu’on ne peut déjà plus attendre.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
‘Asylum’, ‘Answer Machine’, ‘The Boy Who Stood Above The Earth’


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