Lysistrata – ‘Pale Blue Skin’

Lysistrata – ‘Pale Blue Skin’

Ep / Ricard SA Live Music / 31.05.2017
Math rock

En 1969, Lou Reed chantait les yeux bleus (paraît-il plutôt noisettes, d’ailleurs) perdus de son premier amour sur ‘Pale Blue Eyes’, titre dentelle cousu de fins fils de guitare, pleureuse délicate d’un Velvet transi. ‘Pale Blue Skin’ lui reprend cet état de trouble mais perturbe davantage, le taux d’oxygène s’amenuise et la cyanose gagne du terrain. La dégénérescence plutôt que la complainte, c’est le parti-pris du jeune mais vif trio de Saintes, Lysistrata, qui fait souffler un vent d’ouest à la dégaine un peu ‘East Coast’, pas loin des tenanciers D.C. du post-hardcore.

D’un souffle d’un seul, Lysistrata relève le défi haut la main et bâfre les quatre titres de son premier maxi d’un math rock de gourmet. La faconde électrique des trois se vit en haute tension, les vaisseaux explosés, reliés au circuit en intraveineuse toujours sous-oxygénée, et les soubresauts des larsens prêts à réveiller le cadavre des parterres aseptisés. Guitare et basse lacèrent et font tomber une pluie d’éclats en un rien de temps ; elles rendent le temps compact en ajoutant à chaque strate de leurs morceaux un niveau de densité supplémentaire, les tournants obliquent les structures et construisent le tour de force de ‘Pale Blue Skin’, hyper addictif. Le rythme impacte, lui aussi, il mène l’insurrection, interrompt et dévie de la trajectoire dans un jeu à trois jubilatoire. Une maturité impressionnante qu’il serait dommage de rater, cyanose ou pas.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
‘Small Box’, ‘Pantalonpantacourt’


Tags:
No Comments

Post A Comment

For security, use of Google's reCAPTCHA service is required which is subject to the Google Privacy Policy and Terms of Use.

If you agree to these terms, please click here.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.