Lupe Fiasco – « Food & Liquor »

Food & Liquor[Album]
18/09/2006
(Atlantic/Warner)

Jay Z est bien gentil, mais on ne pourra pas dire qu’il aura vraiment facilité l’intrusion de Lupe Fiasco sur le marché du disque. En effet, comment ce jeune Mc de Chicago ne peut-il pas ressentir une certaine pression quand le boss de Def Jam, un des piliers du genre à l’international, en fait son petit protégé et clame haut et fort que Lupe détient pratiquement toute l’étendue de son talent ? Voilà autant une preuve de générosité et de respect qu’une marque infaillible de modestie (sic). N’empêche que son poulain, du haut de ses vingt-quatre ans, se retrouve étiqueté comme une nouvelle révélation de la scène hip hop américaine, en sortant de nulle part et sans avoir prouvé quoi que ce soit jusqu’à ce « Food & Liquor », du coup attendu au tournant

Il faut avouer que Lupe Fiasco s’en tire plutôt bien, s’affiche en Mc solide, rassuré par une discrète et courte expérience au sein de son ancien groupe Da Pak, et désireux de ne pas vraiment s’enfermer dans un carcan tout en restant les deux pieds ancrés dans le hip hop. C’est ici que réside l’explication du titre de ce premier album: les Food & Liquor, ces épiceries américaines où l’on trouve un peu tout selon les besoins. Varié mais néanmoins cohérent, ce premier opus reste assez explicite quant à l’univers aseptisé, mais somme toute personnel du jeune homme, et laisse sur son passage quelques titres à ne pas renier, pour leur couleur novatrice (« Just Might Be OK »), comme pour leur efficacité: le très bon hymne pro skateboarding « Kick Push » et ses cuivres, « I Gotcha » (produit par The Neptunes) et ses riches débordements de basse, l’excellent « Daydreamin' » réchauffé par la voix toujours aussi chaleureuse de Jill Scott, les solides « Pressure feat Jay Z », « The Emperor’s Soundtrack » et « Kick Push II »

Et comme tout ne pouvait pas être parfait dés le premier jet, on regrettera ce petit passage à vide en milieu d’album dû à des titres sans réel intérêt. Si « The Cool », produit par Kanye West, y échappe de justesse, ce n’est en revanche pas le cas de « He Say She Say », « Sunshine » et « Instrumental », ce dernier, avec Jonah Matranga en featuring (bien meilleur dans le registre rockeur sensible qu’on lui connaît), l’ayant bien cherché en optant pour une version de Mike Shinoda (Linkin Park). Mais, avouons le, voilà trop peu de faiblesses pour remettre en cause les rumeurs positives concernant Lupe Fiasco qui, s’il est encore loin du niveau de son mentor, bénéficie là d’un sérieux atout marketing

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