Lord Newborn & The Magic Skulls – « s/t »

lord180Album
(Ubiquity)
07/09/2009

Bien qu’ils n’aient pas toujours réussi à convaincre du fait de sorties respectives inégales, Shawn Lee, Money Mark et Tommy Guerrero possèdent assez d’arguments à eux trois pour attirer la curiosité sur Lord Newborn & The Magic Skulls, tout nouveau projet qui les rassemble. Pas de doute qu’avant de s’enfermer en studio pour une session d’enregistrement de deux semaines, ces scientifiques du son avaient déjà amassé pas mal de matière histoire d’assurer un minimum d’intérêt à ce premier album. En effet, l’inspiration du premier coule dans ses veines en solo comme sous le pseudo Clutchy Hopkins (il s’agirait finalement bien de lui), le second n’en manque jamais que ce soit en solo ou aux côtés des Beastie Boys, et le dernier travaille sans cesse sa guitare depuis qu’il a abandonné ses planches de skate. A en croire le résultat, ce disque ne pouvait pas sortir chez un autre label qu’Ubiquity, fidèle géniteur de ces sonorités organiques, de ce groove particulier, de ces expérimentations en tous genres, jusqu’à cette ambiance quasi mystique qu’on retrouve également sur une certaine frange de son catalogue. De cette collection de treize titres s’échappent donc influences soul/funk, jazz, et psychédéliques, toutes chauffées au soleil plombant de la Californie des années 70, parfaitement imbriquées pour accoucher de morceaux bien pensés, soit loin de transpirer les séances d’improvisation qui leur ont permis de voir le jour. « A Phase Shifter I’m Going Through » qui ouvre le bal en est une alléchante mise en bouche, et affiche une osmose naturelle qui se permet même de soigner la mélodie. Bien que dans la même veine, des dubisant « Crazy Apartment » et « Astro Blue » avec ses breaks de sitar, aux breakbeats de « Escape From Prism » et « Disco Loco », en passant par les pépites soul qu’on croirait taillées pour le cinéma Blaxploitation (« Dime Bag Conspiracy », « That’s Right »), la suite offre une passionnante diversité. Mieux encore, quand sifflent les flûtes de « Rainy Day Dog », que la rythmique s’emballe (« L.I.V.E »), et que le synthé joue à l’hypnotiseur (« Ancient Scrolls »), le trio sonne comme s’il avait toujours existé. Il ne fait donc aucun doute que ces trois-là se sont bien trouvés. Reste désormais à savoir si Lord Newborn & The Magic Skulls tient du one shot ou s’il aura la bonne idée d’offrir une suite à l’avenir. On le souhaite ardemment.

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