Little Barrie – « King Of The Waves »

little180Album
(Bumpman)
03/2011
Sixties ardentes

On a beau tout faire pour ne rien manquer de l’actualité musicale, il faut l’avouer, ce troisième album des talentueux Little Barrie est passé entre les mailles de nos filets. Peut être avions nous déjà mi-juillet la tête aux vacances pour ne pas avoir mis le grappin sur ce « King Of The Waves » qui, pourtant, avait largement de quoi les accompagner. Peut être aussi que, quatre ans après un « Stand Your Ground » produit par Dan The Automator et prenant quelque peu ses distances avec leurs influences soul, nous n’attendions plus ces indécrottables rockeurs britanniques, aperçus entre temps chez Primal Scream ou en tant que backing band de notre Mareva Galanter nationale.

Toujours est-il que Little Barrie est de retour aux affaires, s’autoproduit même cette fois, retrouve la production de Edwyn Collins, et pour ne pas changer, voit son tabouret de batteur supporter encore une nouvelle paire de fesses: celle de Virgil Howe, progéniture de Steve Howe qui a fait les beaux jours de Yes. N’ayez crainte cela dit, le trio ne s’est pas épris de prog rock, mais reste on ne peut plus fidèle à l’incandescence d’un rock aussi basique qu’efficace (« Tip It Over »), maintes fois plongé dans le garage et le blues (« Does The Halo Rust? »), habité ici ou là d’une nonchalance totalement sensuelle (« Precious Pressure », « New Diamond Love »), et qui laisse la magie opérer dès qu’un bon riff est balancé. A ce petit jeu, l’entame « Surf Hell » actionne d’ailleurs immédiatement le battement de la guibole droite qui, vite rejointe par un bon balancement des cervicales et pas mal de claquements de doigt, rythmera l’écoute intégrale de cet opus.

Entre temps, en guise de témoins de la bonne santé de Little Barrie, quelques pépites vont finir de faire de ce « King Of The Waves » un album qu’on appréciera écouter en toutes occasions. En effet, en toutes saisons, les mélodies imparables comme les refrains de titres aussi variés que les sixties « How Come », « Now We’re Nowhere », et « Can’t Wait » s’invitent illico dans les têtes, pour mieux se rappeler subitement à notre bon souvenir chaque fois qu’on veut bien y retendre une oreille. C’est d’ailleurs à cela qu’on reconnait l’efficacité d’un tube, y compris quand il n’est ni formaté ni racoleur, comme c’est le cas ici. Au delà de quelques longueurs inévitables, Little Barrie signe ainsi un opus qui, contrairement au sort que nous lui avons longtemps réservé, s’écoute en boucle.

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