Lifesavas – « Gutterfly »

Gutterfly[Album]
23/04/2007
(Quannum/Differ Ant)

Depuis toujours, Lifesavas reste cloîtré dans l’ombre de compagnons de route tels que Blackalicious, qu’il n’est jamais parvenu à égaler malgré un premier album qui n’avait pas laissé indifférent. En effet, « Spirit In Stone », et notamment son tube « Emerge », s’était fait remarquer par la grande efficacité de ses beats, la mélodie de ses refrains, et des flows coulant comme du petit-lait, laissant comme seul regret une finesse lui faisant parfois cruellement défaut. En cela, le trio ne faisait que marcher sur les traces de ses modèles adeptes des sonorités funk et old school, Jurassic 5 et De La Soul en tête, sans pourtant ne jamais atteindre le statut d’indispensable. L’attente était donc grande à l’approche de « Gutterfly », un nouvel opus placé sous le signe du concept

Le temps d’une petite quinzaine de titres, ces trois représentants du hip hop underground américain s’inventent des rôles et offrent à ce disque l’habit d’une bande originale d’un film des années 70, façon Blaxploitation, que vous pourrez toujours vous amusez à chercher. Et pour cause, il n’existe pas. « Gutterfly » relate la grande aventure imaginaire d’un trio de super héros du ghetto des années 2000, mettant en scène Bumpy Jones (Vursatyl), Sleepy Floyd (Jumbo), Jimmy Slimwater (DJ Shines), et contant leur volonté de prendre en main le destin de leur ville mythologique de Portland (a.k.a. Razorblade City). Pour cela, en complément des productions de Jumbo, Lifesavas a fait appel à quelques beatmakers de talent tels que Jake One, Oh No ou Vitamin D qui auront contribué à la grande diversité de ce disque, celle-là qui aura également ouvert les portes à des collaborations surprenantes. En effet, « Gutterfly » compte à son tracklisting quelques figures du hip hop (Camp Lo, Smif‘N’Wessun, Butterfly des Digable Planets, Dead Prez…), comme de la musique en général (George Clinton, Fishbone, Ike Willis, Don Blackman…)

Pourtant, Lifesavas ne parvient pas vraiment à gommer ses quelques imperfections déjà présentes sur son précédent opus. Ici, quelques titres valent clairement le détour, mais le tracklisting est égratigné par quelques morceaux en demie teinte, pas forcément mauvais mais tout simplement décevants. Ainsi, Oh No est gage de qualité sur « Double Up », « Shine Language » et l’excellent « Superburn » sont aussi classiques et efficaces que « The Warning » s’inscrit dans la lignée Hyphy, et « Gutterfly », « Night Out » ou « A Serpent’s Love » marquent par leur groove et leur accent funk. Le reste, bien qu’acceptable, s’avère trop peu original (« No Surprise », « Dead Ones », « The Squeeze ») et parfois même trop sirupeux (« Take Me Away », « Long Letter ») pour souligner une réelle évolution. D’où la frustrante impression que Lifesavas a loupé quelques marches au lieu d’entamer une véritable ascension pour le moins attendue..

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