Letherette – « Letherette »

leth180Album
(Ninja Tune)
15/04/2013
House

D’évidentes références dégoulinent de nos enceintes à l’écoute de ce premier long format signé Letherette. C’est comme si Floating Points, Onra et Lapalux se bousculaient dans les couloirs de Ninja Tune pour crier au plagiat avant même de composer le moindre titre à trois. S’il n’amène rien de réellement nouveau à une scène électro qui en a déjà vu de toutes les couleurs, le duo ne semble pas suivre la meute pour autant, comme il l’a déjà prouvé avec des EPs reflétant la grande variété des cordes qui pendent à son arc.

Ainsi, on ne se plaindra pas de sentir l’agréable brise tiède qui accompagne la musique de ces britanniques se lâchant généreusement sur les filtres, comme le ferait un Thomas Bangalter qui retrouverait ses premières machines au grenier. Au milieu d’une atmosphère commune, Letherette fait parler ses influences: déstructurations, fragments vocaux et mélodies estivales restent un fil conducteur évident sur ces douze titres visant le dancefloor grâce à une deep house qui pioche sa libido dans la soul, emprunte son groove au disco (voir l’excellente introduction « After Dawn » ou le jouissivement nostalgique « D&T »), et affiche parfois sans complexe les rondeurs exagérées de la belle époque (le vocal « Restless », « Warstones », « Space Cuts »). On entend aussi de lointains échos des plus belles plaques de Brainfeeder. En effet, à défaut de vivre à Los Angeles, les deux gars affichent quelques arguments pour y mériter leur expatriation. La preuve avec des titres comme « Gas Stations & Restaurants » (autrement dit la facette soft de FlyLo, en moins barré), le dubby « Hard Martha », ou le brumeux « Cold Clam », morceau étincelant entre house et bass music.

Tout ça pour arriver au constat – après d’autres titres complètement discoïdes (« I Always Wanted You Back »), filtré et compressé (« The One ») – qu’il n’y a rien à jeter dans cet album honnête, modeste et entier. Même si le calendrier ne joue pas réellement en la faveur de Letherette, baigné au milieu d’autres excellentes sorties musicalement assez proches (Lapalux, Bonobo), ce premier opus éponyme possède en lui les mécanismes de défense qui l’empêcheront d’étouffer et de passer inaperçu, et qui offrira plutôt au duo l’opportunité d’imprimer précieusement son style dans un catalogue Ninja Tune finalement ouvert à tous.

itunes19

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