Les Gourmets – « Soyons Sales »

Soyons Sales[Album]
01/09/2008
(Gourmetz Recordingz/Digital Only)

Quatrième fait d’arme pour Liqid, Krimen et Morbac, le trio lyonnais qui compose Les Gourmets avec l’aide des deux producteurs maison, Bonetrips et Tcheep, apparentés depuis leur première sortie (le maxi « Fini D’Planer » en 2004) au courant electro timidement représenté dans le rap hexagonal. Peu de temps après leur « album de la prématurité » (« Trop Jeune Pour Mûrir ») et dans l’attente de son successeur, place à ce mini-album de neuf titres, uniquement disponible en digital, teaser de choix à en juger par la qualité des artistes invités: Seth Gueko, Grems, Sept, Existereo, dDamage… Pas de doute, le menu fait saliver. Sauf qu’après écoute on reste tout de même sur sa faim, et ce en dépit de productions à la qualité homogène et salutaire. L’instru ne fait pas tout et n’efface pas des textes qu’on aurait aimé aussi audacieux, plus enclins à s’écarter des traditionnelles figures imposées par le rap contemporain: réflexions pseudo-métaphysiques entrecoupées d’un refrain r’n’bisant (« Là-bas » feat. Carmen Maria Vega), étalage de testostérone dans un univers hostile et crépusculaire (« Rois De La Jungle » feat. Seth Gueko), passage en revue des techniques de drague (« Garçons faciles » feat. Grems & Sept), catalogue de clichés sur les filles vénales (« Lèche Vitrines » feat. H. Dictate )… La panoplie quasi-complète y passe et malheureusement les ficelles sont un peu grosses, les métaphores souvent éculées et la comparaison – inévitable – avec les invités présents rarement à l’avantage des « pélos ». Une impression décevante confirmée sur « Comme Un Plein Temps », banger imparable concocté par Nil et largement sous-exploité par le trio et des couplets d’un vide abyssal (« Wesh l’ami faut te bouger le fion / Reste à vif pense pas à toucher le fond / Tout ce qui ne tue pas rend plus fort / Moi j’ai le sang chaud comme les gens du Nord / Reste terre à terre mais fait le bien / Agit, réagit et ce dès demain / Si tu bouges pas dis moi qui le fera/ Fini le temps de se cacher sous les draps« ). On pourrait enfoncer le clou en raillant le flow migraineux de Morbac (de quoi faire passer Tung Twista pour un bègue) et déplorer l’absence totale de charisme qui parcourt désespérément le disque, n’empêche. Si le constat est dur, accordons aux Gourmets qu’ils n’ont pas choisi la facilité en s’entourant de lyricistes estimés de longue date, et reconnaissons que leur jeunesse, vingt-quatre ans de moyenne d’age, joue encore en leur défaveur sans les inciter à sombrer dans l’égotrip fluo et stérile. Bref, inutile de chercher à les enterrer aussi tôt, on espère juste être démenti au plus vite

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