Leila – « Bloods, Looms And Blooms »

Bloods, Looms And Blooms[Album]
07/07/2008
(Warp/Discograph)

Une rencontre peut parfois changer une vie, un triste évènement en rappeler la valeur. Leila en sait quelque chose, elle que Bjork a pris sous son aile jusqu’à l’amener à l’exercice de la composition et qui, après huit ans d’absence, revient donner une suite à une discographie entamée avec « Like Weather » chez Rephlex (label d’Aphex Twin) et « Courtesy Of Choice » chez XL Recordings. Mais n’allez surtout pas croire que l’Iranienne a pris du bon temps depuis. Bien au contraire puisqu’on ne peut pas dire que la vie lui ait vraiment souri depuis le début de ce nouveau siècle qui l’a vu perdre successivement père et mère, marquant une très mauvaise passe qui ne lui mit pas vraiment le coeur à l’ouvrage. Leila a donc eu besoin de se retrouver, chose qu’elle a apparemment su faire à en croire ce « Bloods, Looms and Blooms » qui ne dépaysera pas ses admirateurs de la première heure, la demoiselle n’ayant pas vraiment chamboulé les limites de son terrain de jeu de prédilection, bien coincé entre electronica et indie rock. De ce fait, on retrouve avec ce nouvel album les petits défauts du passé, notamment cette cohérence trop fragile pour imposer ce disque sur toute sa longueur, elle-même due à une certaine ouverture d’esprit qui n’est pas sans amener avec elle de très bons titres. Ainsi, Leila aguiche en mélangeant subtilement mélancolie et bruitisme downtempo (« Mollie », « Lush Dolphins », l’electrico-aquatique « Mettle »), interpelle par sa légèreté et sa fausse naïveté pop (« Time To Blow » feat Terry Hall des Specials, « Little Acorns », l’excellent « Deflect » emmené par Martina Topley Bird), tout en illuminant chacune de ses approches de sa féminité. En revanche, à l’instar de quelques titres vaporeux (« Carplos », « The Exotics »), on s’ennuie quand elle se met plus franchement au service des voix invitées, comme sur les plus sombres et tristes « Daisies, Cats And Spacemen » (feat Roya Arab, sa soeur entendue sur le premier Archive), « Teases Me » et « Norwegian Wood », tous deux chantés par Luca Santucci, choriste de Matthew Herbert et Trevor Jackson. Leila, c’est aussi ça, cette manie de cultiver les contrastes, mais de toujours imprégner sa musique d’une personnalité qui ne fait aucun doute. Ainsi, « Bloods, Looms, and Blooms » ne fera sûrement pas l’unanimité, comme c’est souvent le cas avec ces albums intriguants, assez profonds et éloignés des conventions pour qu’on daigne ne pas leur tourner le dos trop vite

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