L’Effondras – ‘L’Effondras’

Album / Dur et Doux / 20.12.2014
Post rock atmosphérique

Deux guitares et une batterie suffisent à L’Effondras pour triturer son post rock instrumental. Mais plutôt que de s’adonner aux boucles et effets habituellement chers au genre, le trio de Bourg En Bresse préfère les changements progressifs d’altitude, mettre de l’air dans ses compositions, jusqu’à signer certaines d’une virtuosité de l’abstraction. Ce premier album nous embarque ainsi sur les routes sinueuses d’un road trip aux allures d’échappatoire. Séquencé en fragments poussant souvent au-delà des dix minutes, le disque prend le temps de nous encercler au sein de chapitres aux humeurs changeantes.

Rythmes mid-tempo et guitares complémentaires en réponse permanente, tout comme des mélodies aussi introspectives que racées, font monter la sauce par paliers et avec application, jusqu’à nous mener à l’état de transe. Ici le son s’exprime sans artifices, dans la chaleur fauve des amplis embellie par une production soignée. La magie opère rapidement lors de ces ascensions explosives ou calmes, tandis que répétitions et chahut maitrisé cohabitent avec obstination. Zones de respirations éphémères et mélodies aériennes nous poussent constamment à l’écoute attentive, tant les compositions jouissent de contrastes atmosphériques saisissants. A l’image de ‘Amrha’, et ‘La Fille Aux Yeux Oranges’ agrémenté de touches déglinguées de piano, l’imaginaire s’ouvre alors à d’interminables lignes d’asphalte perçant des espaces vierges.

Mais le trio sait aussi prendre le temps de varier ses humeurs dans des dissonances un peu plus noise et des fluctuations plus complexes. ‘L’Âne Rouge’, et les sublimes ‘Caput Corvi’ Part I et II, assoient définitivement cette volonté de faire patiemment et subtilement monter l’émotion, parfois jusqu’à l’hypnose, ou encore de nous vriller de larsens dans des lenteurs malsaines. Le tout pour toujours mieux nous cueillir dans des passages aérés, aussi bienvenus que gracieux. Quant au dernier titre, ‘L’Aure Des Comètes’, c’est séparé d’un long silence qu’il vient nous achever sur son deuxième mouvement plus tapageur.

De manière générale, sur tous les morceaux de son premier album, l’Effondras développe avec maitrise des ambiances épurées et aériennes, injecte de belles mélodies, et possède une niaque incroyable quand il est question de pousser plus fort ses amplis. A la fois familière et complexe, brute et minimale, la musique tortueuse et atmosphérique du groupe se joue à merveille de ses humeurs contrastées, dans une approche progressive qui sent le rock dans sa plus pure essence. Un univers tribal à découvrir d’urgence.

‘L’Âne Rouge’, ‘Caput Corvi (Part I)’, ‘Caput Corvi (Part II)’

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire