Lavodrama – « It’s Close, That’s What Matters »

It's Close, That's What Matters[Album]
19/02/2007
(BCore/Import)

Retour aux années 90, quand une certaine frange de la scène rock indépendante américaine s’est mise à accoucher d’une musique qui nous était familière par les références dans lesquelles elle puisait, et qui faisait souffler un vent nouveau sur une scène hardcore qui, à cette époque, aimait plus que tout mettre en avant une certaine forme de sectarisme et une virilité à outrance. Souhaitant évoluer quelque peu, les groupes qui la représentaient ont peu à peu décidé d’y mettre un peu plus de douceur et d’accessibilité. Ces groupes, on les connaît désormais: Kerosene 454, Bluetip, Kepone, Pegboy, Jawbox, The Trans Megetti, tous ceux qui ont su à merveille saupoudrer le hardcore d’un brin de finesse et de mélodie

Les années passant, leurs héritiers, européens entre autres, se sont multipliés. En Espagne notamment, avec l’aide du label BCore qui n’a jamais manqué de faire éclore des groupes au potentiel indiscutable. Aina en était peut-être le plus représentatif. Il faudra désormais assurément compter sur Lavodrama, ce groupe de Saragosse qui, plus que n’importe quel autre, a parfaitement emboîté le pas des Catalans (« Passive », « Future »). Après un premier maxi sorti l’an passé, le trio se lance dans le grand bain avec « It’s Close, That’s What Matters », un premier album parfait pour qui garde encore une larme à l’oeil à la moindre pensée de ses sous-estimés ascendants

Force et mélodies sont donc les deux atouts de Lavodrama constamment mis en avant ici, exactement ceux qui faisaient déjà recette il y a dix ans de l’autre côté de l’Atlantique. Mais ne tirez pas de conclusion hâtive. Ces trois Espagnols ont seulement le bon goût de piocher dans les bonnes influences, et balancent avec beaucoup de conviction un rock qu’ils n’ont pas oublié d’actualiser et de moderniser. Très accessible, ce premier album ne pourra que combler les amateurs de rock qui ne jurent que par des potards poussés généreusement dans le rouge, des fûts sauvagement maltraités, des riffs efficaces tentant de se frayer un chemin au beau milieu d’accords puissants, et un chant juste et parfaitement adéquat à une telle déferlante de saturation

Évidemment, avec tant de belles cartes à jouer, Lavodrama ne pouvait que pondre une enfilade de tubes. C’est donc sous la torture et le coeur brisé qu’on vous énumèrera « The Conflict » et « A Self Destructive Behaviour » pour leur relief et leurs changements de rythme, ou « Better Blind That Deaf », « The Process Of Maturity » et « From The Bottom Of The Heart » pour leur science du refrain. Mais que cela n’amène aucun doute: à l’instar d’Aina, Lavodrama n’aura pas attendu un second album pour faire mouche. Voilà qui laisse présager une belle et longue route qu’on ne manquera pas de suivre..

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