Lapalux – ‘Lustmore’

Album / Brainfeeder / 02.04.2015
Bass music

Commençons par une réalité avant d’explorer le subconscient: Lapalux est incontestablement l’un des artistes actifs les plus passionnants et singuliers de la scène électro contemporaine. Quatre ans après l’imparable ‘Nostalchic‘, le britannique revient avec un nouveau titre bling-bling, ‘Lustmore’, dans la droite lignée de son prédécesseur, à quelques détails près. C’est par exemple avec grand plaisir que l’on entend la voix d’Andreya Triana ouvrir le bal sur ‘U Never Know’. Fidèle à lui-même, Lapalux y déploie ses battements narcotiques et son groove enfumé, sublimant alors la voix de la demoiselle qui se fond plus loin dans les arrangements jazzy, poussiéreux et rétro-futuristes de ‘Puzzle’. L’apparition d’invités vocaux sur cet album est indéniablement un luxe qui ne peut que coller avec les ambiances façonnées avec soin par l’anglais qui s’inspire, semble-t-il, des choix de Bonobo en conviant également Szjerdene sur la magnifique ballade ‘Closure’. Pour une fois, le jeune producteur se retient de couper les voix en fines tranches et popise légèrement sa musique en laissant quartier libre à des couplets et refrains, à l’image du confortable ‘We Lost’ qui ne fait que décupler la puissance émotionnelle de son oeuvre.

De plus en plus, les recherches de Stuart Howard le conduisent vers l’envie de reproduire le plus fidèlement possible ce sentiment de rêve éveillé, cette sensation qui habite n’importe quel être humain quand le cerveau n’est pas encore assez lucide pour faire la différence entre la fiction et la réalité, plongeant alors le corps dans une agréable confusion physique et mentale. Pas de changement majeur donc, si ce n’est le travail sur les détails – allégé et moins chaotique qu’à l’accoutumée – et l’efficacité de la rythmique, bien plus claire et radicale sur des morceaux comme ‘Sum Body’ ou ‘Make Money’. Lapalux s’est également imprégné de bandes originales de vieux films pendant le processus de composition, ce genre de bandes-son explicites et imagées qui aident à comprendre l’ambiance du film et en imaginer les scènes avant même de l’avoir visionné.

Avec ‘Lustmore’, il projette donc des images sur un voile blanc, support neutre alors caressé par les ritournelles mélodiques et les samples vaporeux de ‘Midnight Peelers’, ou ‘Don’t Mean a Thing’ qui – au passage – fait gicler quelques influences house. Dans ce remarquable travail bourré d’émotions humaines, Lapalux réinvente le concept de berceuse matinale en sculptant minutieusement ses textures dans un matelas à mémoire de forme, comme pour nous rendre un peu plus prisonnier de ses atmosphères bienfaisantes…

‘U Never Know’, ‘We Lost’, ‘Midnight Peelers’

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