Laetitia Shériff – ‘The Anticipation’

Ep / Yotanka / 30.10.2015
Indie rock

Il y a tout juste un an, Laetitia Shériff signait ‘Pandemonium, Solace and Stars’, un nouvel album finalement sans surprise tant il prouvait la capacité de la demoiselle a sans cesse brouiller les pistes tout en délimitant une aire de jeu dont elle seule connait les moindres recoins. A chaque nouvelle livraison, cette identité musicale qui saute aux oreilles sans qu’on puisse lui coller une autre étiquette que celle – très large- du rock indé : la conséquence d’une avancée constante et sans œillère, d’un parcours fait de mille et une collaborations et, au bout, d’une culture musicale qui force le respect.

Tout comme pour ‘Where’s My ID?’ (2013), Ep sur lequel elle jouait de tous les instruments et qui ouvrait la parenthèse de l’album à suivre, Laetitia Shériff la referme avec ‘The Anticipation’ pour mettre un point final à la longue tournée en trio qui l’a occupée durant des mois, de la France au Québec, en passant par l’Allemagne et la Belgique. Accompagnée ici de ses acolytes Thomas Poli et Nicolas Courret, elle replonge donc sans se faire prier dans ce qu’elle sait faire de mieux : cinq titres ou se bousculent obscurité et tension, deux piliers qui ont de tous temps faits sa musique et qui lui offrent cette atmosphère très particulière qu’elle contrecarre sans cesse de sa voix aussi belle qu’ensorceleuse.

Et il n’en faut pas plus pour à Laetitia Shériff pour dévoiler une nouvelle fois toutes les approches dont elle use pour garantir la diversité de son oeuvre toute entière. ‘The Anticipation’ choisit ainsi une formule répétitive et évolutive pour titiller notre palpitant, avant de laisser le beau ‘The Pachyderm Memories’ à un registre plus classique et mélodique, trahissant de nombreuses heures passées à écouter et ingérer le parcours de Thurston Moore. Retourner le disque n’y change rien, si ce n’est une intensité nettement plus mesurée : la mélancolie nous agrippe fermement tout au long de ‘Thousand Miles’, ‘Don’t Be Old’ répond au mysticisme de ‘A Beautiful Rage’ (conclusion perchée du précédent Ep), tandis que ‘Grow’ conclut l’affaire tout en suspension malgré son ton grave tentant de le ramener sur terre. Là où nous-mêmes redescendons de force alors que le disque s’arrête dans un ultime souffle. Une nouvelle étoile brille à la poche de Laetitia Shériff.

‘The Pachyderm Memories’, ‘Thousand Miles’, ‘Grow’

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