Krazy Baldhead – « The Noise In The Sky »

krazy180Album
(EdBanger)
09/04/2012
Electro

Difficile d’aborder un second album après « The B-Suite« , monument de finesse et de complexité électronique qui aura marqué l’année 2009, comme toute la décennie qui l’entoure. Pierre-Antoine Grison n’avait pourtant pas le choix étant donné l’attente logique suscitée par ce premier essai plus que convaincant. Des trottoirs cimentés par Pedro Winter et la clique EdBanger, Krazy Baldhead faisait jusqu’à maintenant du hors-piste. Par la force des choses, la volonté de se diversifier du label et le changement de comportement musical de notre homme commencent à trouver un point de convergence matérialisé par une vibe disco.

On discutait dans une récente chronique du single-come-back « Surabaya Girl« , petit bout d’érotisme en barre venu alimenter une scène française pleine d’appétit avec ses claviers sexys et son atmosphère tubesque. A vrai dire, l’album n’a pas grand chose à voir avec cet EP préliminaire tant le multi-instrumentiste (qui manie aussi bien le piano, la guitare et les percussions) s’est ici laissé envahir par une folle envie de s’imprégner du son des années 70, et de réinjecter les leçons apprises dans ses créations électroniques où instruments vintage côtoient maintenant machines modernes.

A l’instar de son camarade de label Mickey Moonlight, Krazy Baldhead choisit une pochette relativement repoussante pour y cacher douze nouvelles sculptures à l’esthétisme discret et le plus souvent cinématographique. Mélodies simples et bien découpées (« Slow Motion ») courent alors sur un beat actuel et caractéristique du bonhomme, même si l’on paraît loin des recherches sophistiquées du grand frère « The B-Suite ». Ainsi, le rétro « Day In, Day Out », le songeur et hanté « Alexander Platz », et le rétro-avant-gardiste « Miles High » sont symptomatiques d’un disque en cinémascope qui peine réellement à décoller, qui se retient malheureusement d’exploser alors que l’on attend impatiemment que cela.

Dans l’air du temps, Krazy Baldhead donne aussi sa vision du dubstep avec le minimal et salace « Amplifried », mais aussi de la bass music avec l’organique « Must There Be An Angel » qui sort du lot par cette différence. Si une déception relative nous habite à l’issue de ces trois quarts d’heure d’écoute attentive, le producteur ne coupe pas pour autant le cordon avec ses premières valeurs, en nous gratifiant notamment du broken-beat « Empty Boy » et ses cut-and-paste vocaux, et du neo-funk « Resurrection » à la basse slappée comme on l’aime…

En écoute intégrale

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