K’Naan – « The Dusty Foot On The Road »

The Dusty Foot On The Road[Album]
24/09/2007
(Wrasse/ULM)

Entre les dates de concert annulées et la sortie de son premier album éternellement repoussée, le public français qui aura découvert K’Naan en 2005 peut se considérer comme privilégié. Les autres pourront dès aujourd’hui se rabattre sur ce live pour rattraper leur retard..

Pour mémoire, K’Naan est somalien mais vit au Canada depuis une quinzaine d’années. Le jeune homme y a fui les atrocités d’une guerre civile dans son pays alors qu’il n’était encore qu’adolescent. Une expérience autrement plus traumatisante que de se voir refuser le nouveau scooter fluo par ses parents, le genre qui vous propulse dans le monde des adultes sans passer par la case insouciance

« The Dusty Foot Philosopher », son premier album, avait d’ailleurs mis tout le monde d’accord (enfin, tous ceux qui ont eu la chance de l’entendre). Sur des instrus qui ont dû plaire à Why?, où se mélangeaient folk bricolé, hip pop et influences africaines, la plume de K’Naan rivalisait d’intensité avec celle d’un Saul Williams, tandis que son flow très technique en faisait une sorte d’Eminem qui aurait eu des choses à dire… Ce premier opus lui a d’ailleurs rapidement permis de tourner un peu partout sur la planète. « The Dusty Foot On The Road » en donne la preuve avec ces extraits de différents concerts captés à New York, Paris, Amsterdam, Edmonton, Londres, Djibouti et Bristol. Avec un seul album studio au compteur, on imagine que la principale fonction de ce live est de tenter de rééquilibrer économiquement ce faux départ discographique

Ceux qui connaissent « The Dusty Foot Philosopher » seront peut-être déçus en entendant ces versions en public, profondément réarrangées, car jouées par un véritable groupe (guitare + percussions). Les tubes monstrueux qu’étaient « Soobax », « What’s Hardcore? » ou « Smile » perdent donc un peu de leur efficacité, surtout que le son de l’enregistrement n’est pas mirobolant et que la voix de K’Naan sonne plus rauque que sur l’album

Ces considérations mises à part, l’auditeur qui découvrira K’Naan grâce à ce live ne pourra qu’être admiratif devant l’éloquence et le charisme du MC, qui affirme ici plus fermement son identité africaine, comme en témoignent ces nombreux titres slammés sur un fond de percussions tribales façon The Last Poets (cf. « Wash It Down », « The African Way », « Until The Lion Learns To Speak », « Is It A Myth? », « By The End Of The Day » ou « My God » dans lequel Mos Def vient aussi jouer le griot…)

Sur les treize titres de ce concerts (dont trois inédits), une moitié laisse donc entendre une instrumentation acoustique qu’aurait pu signer un Ben Harper plus hip hop. Des hymnes comme « In The Beginning », « Strugglin' » ou « Voices In My Head » avaient de toute façon pour destin de se retrouver chantés en choeur par un public amoureux transi, ce n’est donc qu’un juste retour des choses

Ce live aura donc surtout le mérite de donner envie de se replonger dans l’excellent « The Dusty Foot Philosopher », si riche qu’il conserve encore une bonne poignée de tubes absents de cet album en public (cf. « I Was Stabbed By Satan », « If Rap Was Jealous », « The Dusty Foot Philosopher »…). Histoire que tout le monde se soit remis à niveau pour la sortie du prochain album studio qu’on attend par ici avec impatience..

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