King Gizzard & The Lizard Wizard – ‘Quarters’

Album / Castle Face – Pias Cooperative / 11.05.2015
Pop psyché

La vie chez King Gizzard & The Lizard Wizard n’est plus tout à fait la même depuis que le groupe a sorti son excellent ‘I’m In Your Mind Fuzz‘ il y a seulement quelques mois. Car bien qu’actif depuis cinq ans, c’est sous le souffle de la récente explosion garage que le collectif de Melbourne s’est véritablement vu pousser des ailes, pour finalement devenir une des formations les plus en vue du genre, au même titre que Thee Oh Sees, Ty Segall et toute une ribambelle de compositeurs hyperactifs. Alors que tous ses disques, majoritairement sortis en vinyle uniquement, s’arrachent à prix d’or sur le net, la joyeuse troupe rejoint les rangs de Castle Face (label de John Dwyer) pour ‘Quarters’: son sixième album en deux ans qui, sur le fond comme sur la forme, ne manquera pas de surprendre ceux qui n’ont jamais pris le temps de découvrir les facettes les plus laid-back de sa discographie.

Cette fois, à l’ombre du célèbre studio Daptone de Brooklyn, King Gizzard & The Lizard Wizard s’est épris d’un concept: aligner seulement quatre titres mid-tempo, tous affichant la même durée de dix minutes et dix secondes. Alors que l’on s’interroge encore sur l’utilité de s’encombrer d’un tel impératif, ‘Quarters’ tend à nous donner raison: si la formule fonctionne avec ‘The River’, son titre introductif aux relents magnifiquement sixties, le reste du disque finit par sentir le remplissage, trébuche dans une décevante impression de répétition, malgré les nombreux tiroirs que le groupe ouvre successivement au fil des morceaux. Selon ses besoins et ses envies, et sans jamais retomber dans les frondes garage psyché du dernier album, il y pioche des voix, des soli, des occasions d’enrichir ses orchestrations, et en appelle plus généralement à diverses influences (jazz sur ‘The River’, doo wop sur ‘God Is In The Rhythm’…) pour qu’aucun des titres ne retombe jamais comme un soufflet.

C’est sur ce point surtout, et malgré une gestion de la longueur de ses morceaux un peu plus poussive qu’à l’accoutumée, que King Gizzard & The Lizard Wizard rappelle ici toute l’immensité de son talent. Les australiens ont beau ne pas resservir docilement ce que beaucoup viendront chercher dans ce ‘Quarters’, impossible de jeter la pierre à cette nouvelle initiative qui s’appuie en toutes circonstances sur son approche psyché (‘Lonely Steel Sheet Flyer’ surtout) pour ne jamais s’égarer. En rappelant tout autant The Doors que le groove de Shawn Lee, et en se drapant d’un son plus vintage que jamais, le collectif justifie sans mal le trône australien d’une certaine authenticité avec laquelle Tame Impala et MGMT ont désormais pris leurs distances. Pour autant, on a déjà hâte de se plonger dans un prochain disque qui sera assurément plus captivant sur la longueur.

‘The River’, ‘God Is In The Rhythm’

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