Kid Bombardos – « Turnin’ Wrong »

kid180Album
(Sober & Gentle)
19/09/2011
Rock

Cela commençait à faire presque trop longtemps qu’on entendait parler des Kid Bombardos sans jamais avoir eu l’occasion de les entendre tout au long d’un album. A tel point qu’on s’apprêtait à faire basculer définitivement les bordelais parmi ces supercheries qu’une certaine presse tente régulièrement de faire passer pour des révélations. Il faut dire que c’était tentant: quatre mecs qui soignent leur apparence tels des rockeurs de magazine de mode, et un héritage du rock new yorkais – The Strokes en tête – difficilement dissimulable au point d’en devenir grossier, étaient assez de raisons pour qu’on se jette tête baissée dans une chronique sans pitié.

Alors que le chemin d’une critique cinglante était comme balisé d’avance, « Turnin’ Wrong » avait la lourde tâche d’inverser la tendance, de nous faire croire que quatre jeunots, un poil arrogants, avec un minimum de talent pour s’élever au dessus des autres, et avec assez d’expérience en commun, pouvaient dégager l’horizon d’un rock français de surface suffoquant depuis des lustres. Douze titres exécutés en quarante minutes: ni plus ni moins que le temps d’un pile ou face dans une carrière de musicien promis à un bel avenir, mais encore trop vert pour avoir de belles et intéressantes choses à raconter. De là, Kid Bombardos ne pouvait plus compter que sur sa musique pour emballer les coeurs de rockeurs.

Seulement, si le combo laisse citer le Velvet ou The Coral pour incarner ses influences puisées de chaque côté de l’Atlantique, il en demeure une si évidente qu’elle en devenait apparemment délicate à écrire sur sa biographie: celle de la troupe de Julian Casablancas, omniprésente tout au long de ce « Turnin’ Wrong », jusqu’à en devenir parfois pesante, limite décrédibilisante (« Sundays », « A Honest Man »). Au delà de quelques titres issus des précédents Eps (« Wake Up », « I Round The Bend », « The Night The Light », « I’m Gonna Try »), resservis ici en légèrement retouchés, il ne restait donc plus grand chose aux Kid Bombardos pour convaincre au delà de leur petit cercle de fans dévoués.

Un peu par dépit, on se contentera donc de la délicieuse guitare calypso de « The Loneliest », de la rythmique ensoleillée de « Pig Sty » qui appuie la diversité du disque à défaut d’être véritablement de bon goût, ou des ballades quasi anecdotiques que sont « Train Of Love » ou cet éponyme final croonesque. Trop peu pour ne pas déboulonner les Kid Bombardos de leur piédestal, en attendant qu’ils confirment à l’avenir un évident potentiel qui, pour l’instant, ne fait que s’échapper des fissures de ce premier album.

Disponible sur
itunes4

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