Kendrick Lamar – « Section .80 »

lamar180Album
(Top Dawg)
02/07/2011
Hip hop

C’est au cœur de Compton, petite municipalité du sud de Los Angeles, célèbre pour ses affrontements entre gangs rivaux et son impressionnant vivier de rappeurs, que Kendrick Lamar grandit dans un climat de violence, bercé par de grands noms du coin tels que Dr Dre , Ice Cube ou encore DJ Quik. Sagement resté à l’écart de la rue, il se tourne vers le hip hop avec sa première mixtape enregistrée à l’âge de 16 ans  sous le pseudonyme de K-Dot. Avec un retour à son nom originel et une activité incessante depuis ses débuts, le Mc, désormais âgé de 24 ans, franchit un pallier avec « Section.80 », un troisième album empreint d’une maturité nouvelle qui tranche avec le reste de sa discographie, plus anecdotique bien que déjà marquée d’un fort potentiel.

Les 16 titres de l’album se révèlent dans des productions riches et chatoyantes, totalement éloignées des clichés de sa West Coast, toutes signées par des producteurs peu connus mais qui travaillent avec lui depuis ses débuts. On retrouve cet esprit collaboratif et solidaire au niveau des featurings où Kendrick est largement allé piocher du côté de son label, Top Dawg. Porté par des sujets divers, le disque s’ouvre sur « Fuck Your Ethnicity » au message plein de tolérance et au beat raffiné, surplombé par quelques subtiles notes de piano, sur lequel le timbre de Kendrick n’est pas sans rappeler un certain Q-Tip. « Section.80 » se poursuit avec des perles comme « Ronald Reagan Era », ses violons mélancoliques et la participation vraiment discrète de RZA. On touche ensuite à un des sommets de l’opus avec « The Spiteful Chant » construit sur le sample aussi évident que racé de « Iron » du frenchie Woodkid, qui confère une dimension épique à ce morceau rageur où le jeune MC s’en prend à ses détracteurs. Au rayon des autres réussites, on notera ce « Rigamortus » aux cuivres enjoués, et où Kendrick nous offre une jolie démonstration de sa maîtrise verbale. A Tribe Called Quest rode entre les rimes… Enfin, l’album se conclue avec la manière grâce à « HiiPower » où un Kanye West période « Jesus Walks » semble habiter toute la hargne et la détermination de ce jeune rappeur définitivement prometteur.

Auréolé d’une future collaboration avec Dr Dre sur l’hypothétique « Detox », Kendrick Lamar reçoit actuellement une reconnaissance inattendue – mais ô combien méritée – suite à cet excellent nouvel album qui aura contribué à révèler tout le talent de ce nouvel espoir du hip hop californien. Un talent avec lequel il faudra désormais compter à l’avenir, dirigeant avec envie et impatience nos yeux vers les rues ensoleillées de Compton.

Disponible sur
itunes8

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Une réponse à Kendrick Lamar – « Section .80 »

  1. Paul 10 août 2011 à 0 h 16 min #

    Freakin’ awesome.

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