Kendrick Lamar – ‘DAMN.’

Kendrick Lamar – ‘DAMN.’

Album / Top Dawg / 14.04.2017
BIM.

Etats des lieux des Etats-Unis d’aujourd’hui : alors que Donald Trump vient de faire démonstration de la force militaire US en décidant de larguer sur un groupe de combattants de l’Etat islamique en Afghanistan la plus grosse bombe non nucléaire jamais lâchée, Kendrick Lamar y est également allé de son engin explosif aujourd’hui. Il est musical et il est sobrement titrée ‘DAMN.’. Un mot en majuscule et un point, comme pour chacun des quatorze titres qui composent ce quatrième album de K-Dot (trois si l’on exclut la compilation d’inédits ‘untitled unmastered’, autre chef-d’oeuvre à part entière). ‘DAMN.’ comme un énorme doigt d’honneur lancé à la face du nouveau président des Etats-Unis dont l’élection récente n’est sans doute pas étrangère à l’urgence de publication de ce disque sombre et tourmenté.

Exit les ambiances teintées de jazz et de soul de ‘To Pimp A Butterfly‘, Kendrick Lamar privilégie ici un hip hop contemporain aux influences grime, trap et même parfois trip hop sur lequel il laisse aller son flow unique pour dénoncer les violences policières, évoquer Dieu et l’amour, la notoriété et les angoisses qui en découlent, l’argent et le racisme. D’entrée de jeu, c’est clair, net et précis : le rappeur ne revient pas aux affaires en mode déconnade. La cover de l’album donne d’ailleurs le ton de l’ensemble en montrant un Kendrick Lamar tête basse, regard noir et presque blasé, sur fond tout simple de briques rouges, le sticker ‘parental advisory’ bien en évidence, et le titre de l’album comme imprimé sans souci d’esthétique tout en haut. On est loin de la classe en noir et blanc de la pochette de ‘To Pimp A Butterfly’ et de son message politique, mais le résultat est tout aussi puissant.

Toujours bien entouré, le rappeur de Compton bénéficie sur ‘DAMN.’ de productions de haut vol. Mike Will Made It envoie du lourd avec des beats coups de poing (‘DNA.’ qui raille Fox News et son reporter Geraldo Rivera dont la critique de la performance de Lamar aux BET Awards en 2015 est samplée en ouverture et dans le morceau, ‘HUMBLE.’, ‘XXX.’) ; Anthony Tiffith, l’excellent The Alchemist et Steve Lacy sont parfaits quand il s’agit d’apporter une touche old school à l’ensemble (‘BLOOD.’, ‘FEAR.’, ‘PRIDE.’) ; James Blake injecte quant à lui un peu de son électro dark sur ‘ELEMENT.’. Les featuring sont rares mais de qualité. Rihanna sur un ‘LOYALTY.’ tubesque, le chanteur Zacari sur le sensuel ‘LOVE.’ et… U2 sur ‘XXX.’. Kendrick Lamar réussit même à nous faire aimer les champions du stadium rock sur ce morceau conclut sur un rythme laid back, porté par la basse groovy d’Adam Clayton et où Bono pose un refrain tout en inflexions soul. Un miracle donc, à la hauteur de cette nouvelle offrande déposée dans les bacs comme un immense œuf surprise en cette veille de week-end pascal. ALLELUIA.

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A ECOUTER EN PRIORITE
‘DNA.’, ‘PRIDE.’, ‘HUMBLE.’, ‘XXX.’, ‘FEAR.’

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