Karaté – « 595 »

595[Album]
08/10/2007
(Southern/Differ Ant)

Certains groupes se séparent pour des raisons d’affinités personnelles ou musicales, d’autres se voient mettre un terme à leur carrière pour des motifs auxquels ils ne s’attendaient pas. C’est le cas de Karaté qui mettait la clé sous la porte en 2005, tirant un trait sur un passé de douze ans, sur six albums et près de 700 concerts dans une vingtaine de pays, pour des problèmes d’ouie de son frontman Geoff Farina. Pourtant, Karaté n’aura pas été des groupes de rock les plus bruyants. Stopper ou devenir sourd, tel aura donc été le choix qui s’imposait au guitariste/chanteur rattrapé par un triste destin, au même titre qu’un non fumeur qui se voit diagnostiquer un cancer du poumon. C’est la vie, ça vous tombe sur la gueule sans prévenir, et ça rend triste

Du coup, ce trio de Boston qui aura eu tant de mal à convaincre les esprits à oeillère de se pencher sur son registre d’indie rock/musique improvisée/standard rock, le tout bien imprégné d’un passé punk DIY, laissait orphelin un public désormais acquis. Celui-là qui, deux ans encore après que le couperet soit tombé, aime revenir à ces quelques douceurs déposées sur le chemin de Karaté

Le groupe avait le perfectionnisme, la technique, et le son pour lui. Trois éléments qu’il aura toujours favorisés pour devenir unique. Car peu sont les combos, baignant leur rock dans des influences jazz et blues, à réussir à ne pas tomber dans la musique à papa. Karaté, parti d’un rock assez basique qui alla progressivement s’imprégner de jazz, faisait exception grâce à des mélodies accrocheuses mais ardues, une finesse incontestable qu’elle réside dans une section rythmique groovie et délicate, ou dans le toucher guitaristique d’un Geoff Farina toujours très inspiré vocalement

C’est tout cela que l’on retrouve sur ce 595ème concert du groupe (d’où le titre), enregistré en Belgique en 2005. Le temps de huit titres, la fine fleur d’une discographie sélectionnée de manière très pointilleuse par les trois musiciens, on retrace douze ans de carrière et autant d’émotion. « The Roots And The Ruins » sonne plus spontané qu’en studio, on entendrait presque les verres trinquer sur « Number 6 », les dix minutes de « Caffeine Or Me » et « There Are Ghosts » (au phrasé plus parlé que l’original) nous renvoient à ses plus belles heures rock, et l’improvisation rallonge la version de « In Hundreds ». Tout cela sans compter « Airport », « Original Spies », et « Sever » venant compléter un tracklisting totalement représentatif du niveau atteint par leurs auteurs

Si la frange la plus endurcie du public Karaté venait à ne pas en être consolée, qu’elle sache qu’il ne faut pas pour autant tirer un trait sur ces trois Américains qui n’ont pas attendu longtemps pour rebondir: Jeff (basse) et Garvin (batterie) forment désormais le duo Possible Path, ce dernier a également intégré le line up des légendaires Cul De Sac, mais aussi Glorytellers avec Geoff quand celui-ci ne se présente pas en solo. Pas de place pour la déprime donc, et un emploi du temps plutôt bien chargé pour ceux qu’on aura maintenant à surveiller trois fois au lieu d’une. Après la pluie vient le beau temps..

En écoute

1. The Roots And The Ruins     

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