Kaly Live Dub – « Lightin’ The Shadows »

kaly180Album
(Jarring Effects)
27/09/2010
Electro dub

Dans l’histoire de la scène dub française, beaucoup se sont sans doute déjà étonnés que les lyonnais de Kaly Live Dub ne soient pas signés sur le label Jarring Effects, référence absolue du genre dans l’hexagone. Mais après cinq opus, dont un live, et une multitude de maxis – sortis pour la plupart sur le label Dub Dragon – c’est désormais chose faite, le combo ayant choisi de rejoindre le crew Croix-Roussien pour son sixième disque. Quelques mois après la sortie du « Out Back » de leurs amis High Tone – avec lesquels, rappelons-le, ils avaient sorti le projet « Kaltone » en 2003 – c’est donc au tour des Kaly de revenir eux aussi avec un double album soigné et alléchant.

Régulièrement considéré comme plus conservateur que d’autres groupes qui se sont aventurés bien loin du territoire originel du dub, à l’instar de Zenzile, KLD a tout de même toujours évolué au fil de ses projets, intégrant chaque fois de nouvelles influences, sans radicalité ni changement brusque de direction. Et c’est peut-être finalement cette fidélité à un genre musical trop souvent accusé de tourner en rond qui séduit le plus chez le groupe. Ce nouveau « Lightin’ The Shadows » en est une fois de plus la preuve, décliné qu’il est en deux galettes aux identités bien distinctes, résumant très bien les multiples facettes du genre.

Pour commencer, une facette sombre à laquelle est dédiée la première partie de l’opus tendant volontiers vers l’opacité du dubstep ou la rugosité du hip-hop. Ainsi, le MC K The I??? irrigue « Conflicts » de son flow ninjatunesque, tandis que le combo installe un univers  sombre et saturé (« Lightin’ The Shadows »), truffé de sonorités électroniques (« In Case », « The Brown Noise »), s’essayant également à une déconstruction en règle du beat de « Wu ». KLD fait ainsi preuve d’une maîtrise impeccable sans forcer le trait, incorporant subtilement chaque nouvel élément, comme les samples discrets de « Mogg-Lee » ou les quelques riffs plus rock de « Light’s Thief ». L’épileptique « Zoll », sur lequel on ne cesse de revenir, est à ce titre l’illustration parfaite de cette symbiose entre leur ligne directrice de toujours et leur spontanéité novatrice.

Le second volet de l’opus introduit ensuite tout naturellement l’autre facette du dub, plus jamaïcaine et lumineuse. « Peaceful Warrior » (featuring Joe Pilgrim) fait office de transition parfaite vers un récital dub roots ultra frais. Taillés pour les sound-systems, les titres défilent avec cohérence, n’hésitant pas à intégrer des touches de steppa dansant (« What a Life » feat. Bigga Ranx, « Radical In The Vatican » feat. Joe Pilgrim), ou à renouer avec la lourdeur d’un dub mystique et enfumé à la Lee Perry (« What A Dub », « Sanmidor »).

Ainsi, avec ce « Lightin’ The Shadows » complet et abouti, Kaly Live Dub continue son évolution sans à-coups, bien ancré dans son époque et sachant regarder en arrière avec un œil neuf. Les lyonnais prouvent ainsi que le dub classique est loin d’avoir révélé toutes ses richesses, et que l’on peut très bien, en naviguant entre ombre et lumière, produire un dub authentique résolument moderne et plaisant.

Disponible sur
itunes42

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