Kaly Live Dub – « Fragments »

Fragments[Album]
07/04/2008
(Dub Dragon/Pias)

Kaly Live Dub le laissait déjà pressentir il y a déjà trois ans, lors de la sortie de « Repercussions« , son dernier album en date si on écarte le live édité en 2007: il est aujourd’hui un des derniers piliers de cette scène dub française puisant son originalité dans le son live, progressivement lâchée par ses pères à l’image de Zenzile et ses envies post punk. Une évolution somme toute logique pour un groupe qui a longtemps couru derrière les locomotives sans jamais vraiment parvenir à les rattraper, et qui n’a apparemment pas encore bouclé la boucle de son inspiration. En 2008, et encore plus avec ce « Fragments », Kaly reste désormais le seul maître à bord de ce dub comme on l’entend depuis la fin des années 90, suivant une ligne directrice médiatrice quand la plupart des autres formations du genre osent prendre le risque de leurs pulsions artistiques pour casser leur routine

Les lyonnais, fort d’un recul en tout point bénéfique pour eux, n’ont donc pas d’égal aujourd’hui quand il s’agit de trouver un bon condensé de ce que peut, et a pu être le dub français. À la fois electro, noise, dubstep, mais toujours d’une noirceur à réveiller les morts, Kaly Live Dub compile brillamment ici tout ce qui aura fait la réputation de la touche frenchy, tout en l’arrosant de sa personnalité à lui, pas toujours discernable par l’oreille novice contrairement à celle qui en aura vécu les prémices. Ainsi, et c’est là toute la force de ce disque, le combo parvient à aligner une grosse dizaine de titres aux richesses respectives bien distinctes (l’efficacité rythmique de « Cluster » par exemple), tout en parvenant à une cohérence globale synonyme d’album abouti, soulignant une nouvelle étape dans la progression du groupe

Et cela, même si on a parfois l’impression de revenir quelques années en arrière, à l’époque de l’avènement d’High Tone (« See No Sense ») ou du « Handle With Care » d’Ez3kiel (« Broken Atom », « Magnetic Dust ») pour ne citer que ceux-là. Mais si, effectivement, on retrouve dans ce nouvel album quelques traces d’un passé récent (« The Crumb », « Cross Rulings » et leurs samples orientaux ou vocaux rabâchés), Kaly Live Dub persiste dans son ouverture musicale, poursuivant avec brio ce qu’il a déjà entrepris et récemment vécu. Car, ça ne fait pas de doute, on n’aurait pas regretté la trompette d’Erik Truffaz vaguant sur la rythmique downtempo trip hop de « Sample’s Squall », et Amon Tobin se reconnaîtrait sûrement dans le final « Ravmone.exe »

Kaly Live Dub, bien assis sur ses fondations historiques, ne se refuse rien, s’octroie toutes les libertés qui lui traversent l’esprit, et retombe constamment sur ses pattes. De quoi y voir le signe d’un album réussi qui, parce qu’il ne propose pas de changements assez radicaux, ne restera malheureusement pour beaucoup qu’un énième album de dub pour un public dub. Alors, seuls ceux qui voudront bien approfondir, y entendre ces accointances electro urbaines délicieusement psychés et apocalyptiques, viendront élargir le cercle des rescapés d’une vulgarisation par le plagiat qui, comme pour d’autres courants musicaux à succès, aura frappé le dub français

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