Kabu Ki Buddah – « Life Is a Picnic »

Life Is a Picnic[Album]
01/11/2008
(Rock’n’Roll Masturbation/Autoproduit)

Bien qu’ils se soient dès le début tirés une balle dans le pied en misant sur une originalité musicale qui les éloignait définitivement du formatage, les Kabuki Buddah n’ont cessé d’avancer, tout en restant fidèles à leur registre à base de basse, de violoncelle, de trombone et de batterie, quatre instruments répartis au sein du trio. De là, le groupe ne s’est jamais imposé aucune limite, a continué de multiplier les combinaisons gagnantes, sa fougue et sa folie ayant peu à peu laissé la place à un répertoire mieux maîtrisé, peut être plus assumé aussi

Ainsi, plus encore que ses prédécesseurs, ce troisième album interpelle, surprend au fur et à mesure qu’on s’y enfonce, et dévoile une enfilade de plans improbables (qui aurait prédit une telle fin pour « Acid Bonanza »?). Le tout avec quelques dézinguages en règle (« Stickers And Promo » ou comment ne jamais se prendre au sérieux), mais surtout de l’autodérision, un humour bien marqué, souvent primaire et autodestructeur: illustration parfaite avec des textes spontanés (« Sometimes »), sur « Vomi Mathy » ou comment clamer qu’on pue le vomi sur un orgue à la Charly Oleg, et l’adaptation de La Marchande de Foie et des Chaussettes de l’Archi-Duchesse sur « Totale Eclipse Of My Ass ». Ce qui ne fait qu’ajouter un peu de saveur à des titres déjà très atypiques, balancés le plus souvent de façon exécutive (« Queens Of The Pump Age »), tels des instantanés de délires collectifs en immersion dans le local de répétition

Le terme « tube » n’étant jamais adapté à la situation, on retiendra parmi les meilleurs moments de ce « Life Is a Picnic », l’efficacité mélodique de « Self Destruction » et « Serious Chords », un « Dead Trumpet » bien ciselé, comme ce « Life Is Shit » subtilement décalé. Bonne nouvelle: on tient sûrement là quelques uns des meilleurs titres de toute la discographie Kabuki Buddah, et avec eux la porte d’entrée idéale pour remonter le temps, redécouvrir les disques précédents que, nous les premiers, avions injustement ignoré

Ecoutez un extrait ici.

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