Ka – ‘The Night’s Gambit’

Album / Iron Works / 13.07.2013
Hip hop

A l’ombre de la fashionista ASAP Rocky et des rimes culinaires d’Action Bronson, Ka et Roc Marciano cimentent album après album leur propre mythologie. A New York, comme partout ailleurs, là ou le hip hop a rarement présenté autant de strates et de ramifications, les deux compères semblent marcher main dans la main, animés par un même amour de l’instru dépouillé et de la rime étouffante.

Pour son troisième opus solo, Ka, pur produit new yorkais ayant grandi à Brownsville (un quartier résidentiel de Brooklyn), prend ici les manières rituelles d’un nécromancien. Ainsi, ce n’est pas les morts qu’il s’applique à ranimer, mais bien quelque chose de plus volatile, des manières, des figures, une certaine atmosphère qui plane sur tout l’album comme une nappe.

Difficile de poser des mots sur le travail de Ka, tant le rappeur semble soucieux de corrompre les matériaux les plus élémentaires du hip hop que l’on distingue pourtant avec peine ici: percussions plongées au fin fond du mix à la manière de son mentor Roc Marciano sur « You Know It’s About », vague émergence soul avec « Jungle », et boucle de guitare funky sur « Soap Box ». Agissant comme de minuscules repères, ils sont rapidement à écarter, car les pièces les plus intéressantes sont ici les plus dépouillées, à l’image de ce « Peace Akhi » central, ou le final « Off The Record ».

Court, mais passionnant de bout en bout, « The Night’s Gambit » est le reflet d’un lyriciste macabre, qui restitue par son brillant travail de producteur, une sourde atmosphère de tension et de mystère urbain comme New York n’en avait pas connu depuis… allez… au moins Mobb Depp. Définitivement indispensable.

« Peace Akhi », « Off The Record »

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