Josiah Wolf – « Jet Lag »

jo180Album
(Anticon)
15/03/2010
Pop-folk-psyché

Quand le musicien est noyé dans un collectif, il est toujours difficile de mesurer sa propre contribution, le poids de ses idées sur les compositions du groupe. Pour dévoiler la véritable teneur de sa personnalité, Josiah Wolf, le multi instrumentiste de Why?, a décidé de se jeter dans le grand bain des performances solo en accouchant de « Jet Lag », un premier album pop-folk-psyché, expression totale de son inspiration. Pour cela, l’Américain s’est donc chargé de la totalité des instruments: guitare, vibraphone, kalimba, orgue Hammond, basse, batterie et multiples percussions cousent à la main cette douzaine de titres révélant Wolf en songwritter de talent bien que, dès les premières écoutes, il flotte comme un voile embué au-dessus de ce disque. Un constat peu surprenant pour qui est habitué à se perdre dans ces productions Anticon prenant toujours un malin plaisir à sonner de manière inattendue. C’est donc en terrain mouvant qu’on avance tout au long de ce troublant « Jet Lag », comme si ce titre prenait soudainement toute sa signification en multipliant les perceptions. Rythmiques bancales (« Master Cleanse »), élastiques (« The New Car »), même parfois décalées, mélodies tantôt évidentes (« The Opposite Of Breathing »), tantôt sans repère comme si elle se déroulait à l’improviste (« The Apart Meant », « In The Seam »), c’est l’approche qu’a choisie Wolf pour se faire sa place au royaume des poppies gentiment barrés. Pourtant, il n’en fait pas un automatisme et prouve à plusieurs reprises qu’il est aussi capable de se faire plus conventionnel, d’aligner quelques ballades immédiatement compréhensibles par l’auditeur lambda (« The Opposite Of Breathing », « That Kind Of Man », « Is The Body Hung », « The One Sign »). C’est ainsi, en maniant le chaud et le froid avec beaucoup de précaution pour ne pas altérer l’homogénéité de son oeuvre, qu’il charme l’oreille, suscite la curiosité, l’envie de sauter de titre en titre pour découvrir tout ce qu’il a généreusement voulu offrir ici. Tel un Paul Simon ou un Leonard Cohen des temps modernes avec les rennes de la composition bien en main, Josiah Wolf ne prétend pas révolutionner quoi que ce soit, seulement partager du mieux possible une montagne de sentiments qu’il avait amassés et qu’il se devait de faire ressurgir de la façon la plus touchante qui soit. L’écoute répétée de ce disque confirmera, sur la longueur, qu’il a visé juste.

En écoute

Disponible sur
itunes12

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