Jordan – « Joie de Vivre With My Wolf Pack »

jord180Album
(Motoneige)
09/2010
Post punk

Sur ce « Joie de Vivre With My Wolf Pack », Jordan tire tristement sa révérence, mais aura passé six ans à se faire plaisir, en allant voir du pays notamment, que ce soit pour y donner des concerts ou enregistrer chacun de ses trois disques. Plus de 300 dates au final dans près d’une vingtaine de pays, un Ep enregistré au Canada, un premier album mis en boite à San Francisco, et ce dernier né enfanté à New York auront fini de faire du trio parisien cet éternel espoir de la scène française qui ne se sera finalement jamais laissé le temps de concrétiser. Pour cela, « Joie de Vivre With My Wolf Pack » laisse d’autant plus de regrets qu’il affiche définitivement le profil d’un groupe capable de s’exporter, et de s’en aller titiller quelques homologues américains, plus en vue que lui mais pas forcément plus inspirés. Comme sur ses précédents efforts, Jordan rappelle incontestablement Q And Not U, ce groupe de chez Dischord qui, comme lui, naviguait entre deux eaux, celles du rock mélodique comme celle des rythmiques décalées et dansantes. Jamais trop clinquant pour éviter de se retrouver embourbé dans la frange un poil superficielle de la scène indie actuelle, il intègre plutôt une autre, plus authentique, sans forcément le vouloir, juste en se montrant généreux et en assumant ses limites. En guise de parfaite illustration, le riche « Cannibal Gospel » d’ouverture se révèle être, via les nombreux changements de plan qui le composent, une des meilleures démonstrations du niveau atteint par le trio depuis ses débuts. Autre signe d’évolution: de bout en bout, Jordan semble avoir rangé ses idées, ce qui l’exempte des titres parfois un peu brouillons qui venaient parfois plomber ses précédents disques. En 2010, qu’il contienne son énergie ou qu’il lui ouvre les vannes (« We Multiply »), la justesse est au rendez vous pour souligner franchement la moindre mélodie envoyée par le groupe et qui, malgré les excentricités rythmiques et expérimentations auxquelles il s’adonne, ainsi que le son particulier qui a toujours été le sien, font la saveur de la plupart des morceaux de cet ultime testament. Pour cela, « Folklore », « Dark Throne », « La Isla De La Muerte », et « Tropics » sont autant de raisons de regretter qu’un groupe français si inspiré soit désormais relayé au rang des bons souvenirs.

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