Jonti – « Twirligig »

jonti180Album
(Stones Throw)
31/10/2011
Synth pop psychédélique

Le flair d’un label irréprochable comme Stones Throw, combiné au bien pensé d’artistes et producteurs unanimes à son sujet, ne pouvait décemment pas faire de Jonti autre chose qu’une véritable révélation au sein de cette immense nébuleuse musicale manquant souvent de consistance. D’autant que le bougre mérite pour le moins qu’on se penche sur la prouesse qu’il vient de réaliser avec ce premier album: à la fois multi-instrumentiste, arrangeur, producteur et chanteur, le garçon s’est attaché à tout réaliser lui-même, impressionnant au passage les Peanut Butter Wolf, Mark Ronson, ou Albert Hammond Jr (The Strokes) ne tarissant plus d’éloges au sujet de ce gamin qui, malgré son jeune âge, a déjà offert ses services à des artistes de renom comme Santigold, Sean Lennon, les Dap Kings ou John Agnello. Ne restait plus qu’à écouter le fameux disque pour s’en faire sa propre opinion.

Inspiré par le travail d’animation complexe, divertissant et expérimental de Norman McLaren, « Twirligig » va jusqu’à s’offrir les mêmes traits communs pour étaler une pop dont les repères sont constamment chamboulés par des arrangements subtils, ne venant jamais entacher son accessibilité. Et c’est justement par cette approche personnelle que le producteur marque des points, qu’il récolte ce qu’il a longtemps semé en décortiquant les disques comme d’autres épluchent les livres. Au fil de cette petite quinzaine de titres ne dépassant quasiment jamais les trois minutes (à l’exception du jazzy « Nightshift In Blue »), il tisse un disque cohérent, qui transpire l’originalité, comme en atteste le bouquet d’influences qui se dégage une fois l’album avalé.

Là, quand il n’éblouit pas de ses quelques coups d’éclat (le définitivement hip hop « Cyclic Love », « Firework Spraying Moon », « Batmilk » notamment), des relents de Madlib, Free Design, comme des harmonies des Beach Boys (« Koi Moons Daughter », « Passaros ») restent blottis dans un coin de l’oreille, sans pour autant pousser dans l’ombre la personnalité grandissante de Jonti. Grandissante ai-je bien dit: parce que si l’Australien laisse effectivement entrevoir un énorme potentiel, il n’est pas encore tout à fait le génie auquel crient certains de ses confrères. S’il déborde effectivement de bonnes idées, on attendra à l’avenir du bonhomme qu’il les canalise et les approfondisse chaque fois un peu plus pour ne plus tomber dans la démonstration d’un talent évident, comme c’est le cas lors de quelques titres plombant la digestion de ce premier essai malgré tout très recommandable.

En écoute

Disponible sur
itunes29

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