Jonathan Wilson – ‘Rare Birds’

Jonathan Wilson – ‘Rare Birds’

Album / Bella Union / 02.03.2018
Folk rock


De Sunset Blvd à Mulholland Queen, Jonathan Wilson laisse sur Rare Birds son esprit errer au rythme de ses visions nocturnes et fantasmées de Los Angeles, sa ville d’adoption. Cela n’étonnera guère les mélomanes familiers de l’œuvre du multi-intrumentiste et producteur américain qui développe en effet depuis plusieurs années dans l’ombre de ses collaborateurs célèbres (Father John Misty, Roger Waters…) son œuvre personnelle, profondément influencée par son environnement californien. Depuis son studio d’Echo Park, il déploie son talent au gré de ballades intimistes et de longues jams psychédéliques à la production luxuriante ancrées dans le folk/rock seventies.

Si le décor reste donc inchangé sur Rare Birds, cet album marque cependant une rupture assez nette dans la discographie de Jonathan Wilson. Là où les guitares électriques et acoustiques ou les orgues dominaient ses précédents disques, ce sont désormais les sonorités synthétiques qui se taillent la part du lion et enveloppent une bonne partie de ces nouveaux titres d’un halo diffus.

S’ouvrant sur un boogie glam-rock du meilleur effet (Trafalgar Square) qui laisse difficilement présager de la suite, Rare Birds ne tarde pas à dévier sa trajectoire vers des contrées intérieures aussi planantes qu’artificielles, ce que reflète plutôt bien la pochette aux images de synthèse et tons criards. Deux titres plus loin, Over the Midnight emporte l’auditeur dans un long road-trip onirique évoquant Springsteen ou Petty et qu’on pourrait presque confondre avec un inédit de The War On Drugs, tandis que les nappes synthétiques recouvrent le plus convenu Living With Myself, visité par la voix fantomatique de Lana Del Rey.

Malgré son classicisme, l’album n’est pas exempt de bizarreries, telles que Hi Ho the Righteous qui commence comme un morceau de country rock (pedal-steel inclus) avant de dériver vers un final psychédélique explosif. C’est toutefois sur Loving You, sommet du disque, que Wilson trouve sa plus grande réussite. Il émane une étrange quiétude de ce titre laissant place aux instants suspendus, traversé par le chant mystique improvisé du musicien new-yorkais Laraaji et les visions d’amour cosmique de Wilson. Ce sont ces purs moments de grâce qui permettent à l’émotion brute de se frayer un chemin jusqu’à l’auditeur, parmi des arrangements denses et riches laissant ailleurs peu de place à la spontanéité.

Énième représentant d’une americana brumeuse finement produite, Jonathan Wilson reprend, après 5 années passées à mettre ses talents au service d’autres artistes, le fil de son œuvre singulière, inscrite dans une tradition rock et parsemée de fulgurances rares.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Loving You, Trafalgar Square, Mulholland Queen


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