Jonah Matranga – « And »

And[Album]
01/09/2007
(YrLetter/Autoproduit)

Ce nouvel album de Jonah Matranga est le fruit d’une belle histoire, à l’image de la grande qualité humaine et de la générosité de celui que vous avez peut-être déjà entendu au sein de New End Original, Far, Onelinedrawing ou Gratitude. Car Matthieu, à la tête de YrLetter, n’a jamais caché son admiration pour le bonhomme, au point de donner à son label le nom d’un titre de Onelinedrawing. Jonah Matranga l’a bien compris et lui a toujours bien rendu ces quelques signes de reconnaissance

Au point de lui attribuer la sortie française de son nouvel album « And »: une référence que de nombreux labels devraient s’arracher, qui atterrit finalement au catalogue d’une structure qui, à défaut d’avoir autant de force pour le défendre, en aura clairement l’envie. Et cela fera d’autant plus plaisir aux nombreux fans de Matranga, conquis sur disque, et encore plus sur scène, ou il offre de purs moments d’échange et de communion. Un fait assez rare chez ces rockeurs égrenant la scène depuis plus d’une dizaine d’années, devenus frustrés voire peu abordables

Fort heureusement loin de tout cela, Jonah Matranga, dont les budgets d’enregistrement ont varié jusqu’ici entre 300 et 300 000 dollars, s’écoute bien tranquillement assis sur son canapé, dans son salon, là ou il n’est pas rare de le voir évoluer (jetez un oeil, par exemple, sur le DVD de « There’s a Lot In Here« ). Et pour cause, sa musique s’y prête tout naturellement, comme c’est une nouvelle fois le cas ici. Comme il l’a toujours fait, l’Américain souligne cette fois encore un réel talent de mélodiste et pond une dizaine de titres pop à la sensibilité exacerbée, qui pourrait bien rendre cons ces soi-disant viriles le sourire en coin à la vue des minettes la larme à l’oeil. Car à moins de ne jurer que par une musique brutale, ou ne serait-ce que par une énergie débordante, impossible de rester insensible à ces quelques tubes (un pléonasme pour qui a toujours baigné dans sa musique)

Seul, armé de sa guitare acoustique, ou bien entouré, Matranga fait mouche, et dissipe vite cette impression de redite qui règne à chacun de ses nouveaux disques. Certes, le registre reste inchangé, facile (quoique…), tout comme sa voix aussi propre, limpide et irréprochable, chantant ou susurrant, alignant toujours de belles paroles totalement dénuées de pudeur tant elles nous immergent dans l’intimité de son auteur. Mais le tout est tellement beau et harmonieux qu’on succombe immanquablement. C’est le cas sur le « So Long » d’ouverture, « Waving And Drowning », et « Not About a Girl Or a Place », trois exemples parmi d’autres qui resteront parmi les meilleurs moments de sa discographie

Jonah Matranga ne laisse donc aucune place à l’attitude ou à la superficialité dans sa musique. Incontestablement, celle-ci n’a selon lui aucun sens s’il ne s’agit pas de mettre son coeur et ses tripes sur la table au moment d’armer sa guitare et son micro. La scène rock est aujourd’hui tellement polluée d’imposteurs en tout genre, desservant leur art plutôt qu’ils ne le servent, qu’on avait presque oublié à quel point la musique pouvait être aussi saine et sincère

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