John Lord Fonda – « Supersonique »

fonda180Album
(Citizen)
25/04/2011
Electro

Avec son premier essai « DeBaser », John Lord Fonda a laissé quelques bleus, et fait tomber sur le parquet quelques mâchoires de critiques et de clubbers. La chance du débutant? Non, un instinct sauvage qu’il semble être capable de libérer à la demande, au service de productions électriques à l’efficacité bluffante. Le genre de son qui délivre l’animal masochiste enfoui bien profond dans notre moëlle épinière. Prendre du plaisir dans la douleur. Prendre son pied à se faire tabasser les neurones par une techno massive et directe. Dieu que c’est bon. Tout ça pour dire qu’une fois « DeBaser » encaissé, impatience serait un euphémisme pour qualifier l’attente de ce second album. D’autant qu’il aura fallu plus de cinq ans à « Supersonique », au son paradoxalement spontané, pour émaner des entrailles de John Lord, ce rejeton de la tek made in France qui s’est attelé à la composition d’un disque moins tâchant que son prédécesseur, mais à la vitalité semblable.

Ainsi, nous avons eu droit à un premier aperçu pas forcément représentatif en la matière de l’EP « Bang The Fire » (les titres « Bang! » et « Heaven’s On Fire »), dans lequel John Lord injectait sa matière première dans une techno minimale bien burnée, taillée pour les clubs. L’album – immédiat, massif et euphorisant – est à la hauteur de nos attentes. John Lord Fonda ne perd pas de temps en démarrant avec l’un des morceaux phares de l’opus, « Brunette Tattoo », une techno intense, proche des meilleurs titres d’Agoria, qui laisse entrevoir un sample de Vivaldi. On reconnaît sa patte dangereuse sur « You Originate », attaché à un parachute ascensionnel qui ne fait que monter jusqu’à ce que l’oxygène se fasse rare. Côté turbines, l’essentiel est là: trance à l’anglaise sur « Emiliana » faisant un peu figure d’anachronisme même si l’énergie y est, l’acidifié « What’s Going On » ou l’impérieux « The Sound Of Melody » qui conclut l’album à quelques centimètres du sol.

Mais John Lord ne vise pas que le dancefloor. L’album gagne en cohérence grâce à des titres comme « Toy Boxes », espèce de berceuse du siècle prochain, ou les influences new wave de « Supersonic », track downtempo mais aussi dense qu’un bloc de granit. C’est sans compter sur « Orchidée », un vase qui se remplit de larmes, victime de son escalade mélodique, ou « Jean Seigneur » qui trouverait sa place dans un film d’horreur. Plein de suspens, ce morceau est malheureusement trop court, on aurait aimé flipper un peu plus longtemps. Avec « Supersonique », John Lord Fonda provoque donc une nouvelle hémorragie au sein de la scène française. Et nul besoin d’opérer: ça cicatrise tout seul. Ou pas…

Disponible sur
itunes31

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