Joe Beats – « Indie Rock Blues »

Indie Rock Blues[Album]
01/12/2005
(Autoproduit/Import)

Joe Beats, ce nom ne vous est pas inconnu et pour cause. Membre officiel des Non Prophets, auteurs d’un album sorti chez Lex, il suit un peu partout son compère Sage Francis pour qui il a également composé pas mal de titres. Lui s’occupe des beats, Sage rappe. C’est leur jeu. Pourtant, il semble avoir cette fois voulu découvrir les joies du travail en solo avec un « Indie Rock Blues » au concept très intéressant et au résultat finalement pas si surprenant

S’il y a bien une influence qui démarque l’univers de Sage Francis des autres Mcs de la scène rap alternative, c’est le côté très rock de ses productions, que l’on parle de son ou de structure des morceaux. À n’en pas douter, Joe Beats y est pour quelque chose. Pas étonnant donc que celui-ci est voulu, avec « Indie Rock Blues », reprendre quelques morceaux issus de la scène rock indé pour y poser un beat hip hop. Facile, certes, et encore. Mais le résultat est là. Alors quand M.Ward pose un « the hardest thing in the world to do is to find somebody believes in you » sur un beat maison, le décor de ce disque on ne peut plus indépendant est planté. Suivent Black Heart Procession (« When We Reach The Hill »), finalement très proche des ambiances favorites de notre producteur du moment; 90 Day Men mixé avec Cursive; un excellent et dubisant « Space Boy Dream » de Belle & Sebastian sur lequel Signify amène quelques scratches; Ugly Cassanova (comprenant des membres de Modest Mouse et Black Heart Procession) pour un « Ice On The Sheets » qui ravirait Roots Manuva; et un mix assez glauque de Pinback et Kid Dakota

Mais la démonstration ne s’arrête pas là. Neutral Milk Hotel se voit aussi hip hopisé, tout comme l’excellent « Doomsday » de June Of 44, « It’s Expected I’m Gone » des Minutemen, le très réussi « I » d’Andrew Bird, le plus énergique « Panda, Panda, Panda » de Deerhoof aidé par Signify, le plus barré « Save Yourself/It’s All For You » de The Make Up et Scout Niblet, pour finir pour ce qui est peut-être le meilleur titre de cet album, le mélancolique et efficace « Coxcomb Red » de Songs:Ohia

« Indie Rock Blues » semble donc avoir deux missions: ouvrir le public hip hop sur une scène rock indépendante finalement pas si éloignée du hip hop alternatif; et prouver que le hip hop peut s’avérer encore plus profond lorsqu’il naît de véritables instruments et qu’il est chanté. Les puristes des deux camps s’arrachent peut-être déjà les cheveux, les autres préfèreront s’arracher cet album pourtant difficile à trouver. Un conseil: les sites de VPC ou le site de l’artiste

En écoute

1. Coxcomb Red     

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