JJ DOOM – « Key To The Kuffs »

jj180Album
(Lex)
20/08/2012
Hip hop

C’était l’évidence même. Cette rencontre, cet album devait avoir lieu tant la collaboration entre ces deux têtes trop pleines de la scène hip-hop underground est truffée de points communs: leur productivité au sein de multiples projets, ainsi que leur capacité à subjuguer et à agacer dans l’instant d’après sont autant de traits de personnalités qui rendaient ce projet, enregistré entre Londres et la Nouvelle Orléans, aussi prometteur que périlleux.

Placé sous le signe de la perfide Albion tant au niveau des featurings (Damon Albarn, Beth Gibbons) que des samples issus pour la plupart d’émissions de télé anglaises, « Key To The Kuffs » est un album enfumé ou les productions opaques de Jneiro Jarel vont se percuter contre la voix grasse du Mc masqué. Chaque titre se transforme alors en une bataille ou il faut déterminer qui du producteur ou du rappeur insuffle la plus grande part de son univers au sein de ces 15 morceaux. L’homme derrière Dr Who Dat? l’emporte sur « Bite The Thong » ou sa production abstract fait merveille, ainsi que sur « Rhymin’ Slang » qui, avec ses synthés sous influences Moroder et ses claps lointains, est un des titres les plus marquants de l’album.

Derrière ces nuées de synthés, DOOM se démène comme un beau diable, propulsant les productions dans une autre dimension par l’envergure de sa voix qui, depuis toutes ces années, demeure définitivement à part dans le paysage hip-hop. Malgré le fourmillement de détails qui occupe la plupart des productions, certaines d’entre elles se transforment en tube sous l’impulsion notamment de Khujo Goodie, l’autre moitié du projet Willie Isz, qui insuffle tout son charisme à la petite minute et demi du lourd « Still Kaps », MF DOOM se chargeant de briller sur l’ultime track intitulé « Wash Your Hands ».

Sombre comme un pub anglais, épais comme une Guinness, « Key To The Kuffs » se révèle comme un disque ambitieux, fruit d’une collaboration exigeante entre deux personnalités qui parviennent à canaliser leur envies débridées dans un souci de cohérence et d’homogénéité. Pas encore un disque d’été, cette belle entente s’affirme néanmoins comme une preuve supplémentaire de la bonne santé créative de ces deux figures, dès lors que ces derniers se décident à séparer le bon grain de l’ivraie.

itunes27

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