Jimmy Edgar – « Majenta »

edg180Album
(Hotflush Recordings)
07/05/2012
Electro

Synth-pop futuriste, ghetto-funk branché, soul métrosexuelle… Dans l’hésitation, et pour son troisième album, Jimmy Edgar met tout dans le même sac. Toujours fidèle au son de Detroit – sa ville natale – et à son style singulier définitivement établi sur « XXX », ce jeune avant-gardiste change une fois de plus de label pour rejoindre logiquement Joy Orbison et Mount Kimbie sur Hotflush Recordings. C’est donc sur la structure de Scuba qu’il vient partager cette passion pour les grooves liquides: un hobby ici artistiquement représenté par des morceaux de la trempe de « Indigo Mechanix », où la complexité rythmique et le boogie alambiqué restent un secret extrêmement bien gardé dans la tête de l’américain. Ainsi, pendant que ses collègues de label utilisent le dubstep et la bass music comme aiguilles pour tisser leur toile, Jimmy Edgar préfère fouiller dans les profondeurs de la house et du R’n’B pour donner naissance à une espèce de funk organique et synthétique, puisant ses inspirations chez les premiers Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. L’ombre des pères-fondateurs de la techno plane alors en toute légèreté sur des pièces paradoxalement fraîches (« Let Yrself Be » ou l’incroyablement sexy « Touch Yr Bodytime »), même si la recette Edgar est aujourd’hui connue, déjà entendue mais appliquée avec la même dextérité qu’un maître sushi. Si l’excitation pourrait alors être moins vive, c’est un fait:  « Magenta » s’apprécie avec un plaisir immuable et un regard presque vicieux, bluffant son auditeur comme à la toute première fois avec des tracks comme « Attempt to Make it Last » où il pique à Marvin Gaye ses techniques musicales de drague. Parfait coup de pouce pour finir la soirée au lit, cet opus transpire les hormones mâles à grosses gouttes: il suinte le breakbeat porno (« Take Me On a Sex Drive feat. A11A », délire eighties proche de Miss Kittin et The Hacker), l’électro libertine (« In Deep » et son clin d’oeil à Art of Noise) et la techno d’antan sombre et pleine d’assurance (« This One’s For The Children » aussi hypnotique qu’un classique de Green Velvet). Jouissez tranquille, personne ne vous regarde.

En écoute intégrale

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