Jill Scott – « The Real Thing »

The Real Thing[Album]
12/11/2007
(Hidden Beach/Wagram)

Jill Scott est une des plus grandes divas que la soul connaisse aujourd’hui, et son talent va incontestablement bien plus loin que cette image de chanteuse venant fricoter avec le micro sur quelques titres de rap devenus cependant incontournables (« You Got Me » de The Roots surtout, avec Erykah Badu en studio, mais qu’elle se chargeait d’assurer brillament en live). À se demander même si elle n’est pas constamment entourée de bonnes vibrations, touchant ainsi les musiciens avec qui elle collabore. On n’ira pas jusqu’à dire que tout ce qu’elle chante se transforme en or, mais il faut bien avouer qu’elle n’aura eu aucun mal à s’imposer parmi les grandes Dames que les ondes américaines auront poussées jusque chez nous. « The Real Thing », troisième volume de la série « Words And Sounds » entamée avec « Who Is Jill Scott? », vient non seulement le confirmer, mais laisse également apparaître une belle diversité qui ne laissera pas insensibles les friands de hip hop soul et les amateurs de jazz aux déviances urbaines

En effet, Jill Scott abat ici toutes ses cartes. Ainsi, elle propage sa poésie dans des ambiances purement soul, aux accointances jazzies, voire même hip hop. Chose peu étonnante quand on s’aperçoit qu’Adam Blackstone (The Roots) ou Scott Storch (producteur de DMX, Snoop Dogg, 50 Cent, Ja Rule) apparaissent aux crédits de ce nouvel opus. D’ailleurs, c’est surtout sur ces dernières qu’elle prend soin de ne pas écarter le jeune public mélomane de son chemin. À n’en pas douter, « The Real Thing », le single « Hate On Me », « Epiphany », « My Love », « Rightness » ou « Wanna Be Loved » flirtent ainsi avec une RnB actuelle et de qualité, souvent désirée quand on se voit « obligé » de gober ce que nous imposent les radios. Là, elle ne laisse aucun doute sur sa puissance vocale, sans pourtant tomber dans la démonstration puisque Jill Scott ne se sera peut-être jamais montrée aussi douce (« Come See Me », « Crown Royal », « How It Make You Feel »). Preuve d’une maturité qu’il n’est plus la peine d’évoquer, elle laisse cela uniquement aux titres qui s’y prêtent, ceux qu’on écouterait bien volontiers accoudé à la table d’un jazz-bar de Philadelphie (« Insomnia », « Whenever You’re Around », « Celibacy Blues »)

C’est ce que nous retiendrons de ce « The Real Thing », une fois oubliés quelques écarts bien mièvres pour ne pas dire un peu kitsches. Cette fois, Jill Scott a clairement décidé de marquer son album d’une voix suave qui en fera frissonner beaucoup, mais qui pourra aussi donner un effet quelque peu soporifique quand l’intégralité sera ingérée sans interruption. Différent mais réussi, ce nouveau disque ne viendra cependant pas, lui aussi, détrôner le fabuleux live sorti il y a quelques années. Car, c’est surtout sur les planches que la magie opère et que des paillettes s’échappent de la diva (pour preuve, les deux titres en public proposés ici en bonus). On y était, un certain soir à l’Elysée Montmartre, quand Jill Scott était même arrivée à faire pleurer les hommes de la salle. Le genre de souvenir qui, peut être à tort, fait oublier tout le reste quand ils remontent en mémoire

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