Jessica 93 – « Who Cares »

Album
(Et Mon Cul C’est du Tofu/Music For Satan/Teenage Menopause)
20/06/2013
Cold shoegaze sépulcrale

La première fois que le nom de Jessica 93 parvint à mes oreilles, c’était de la bouche de son agent. L’alcool aidant, mes bribes de matière grise restant n’accordèrent guère d’intérêt à ce pseudonyme de skyblog. Cette désinvolture lapidaire est l’exemple parfait de ce que Mowno rejette le jour, sobre. En effet, bien mal m’en a pris car la première fois que  »Away » de Jessica 93 se glissa dans mes interstices auditifs, le choc fut brutal.

Ému quelques heures plus tôt par une discussion portant sur les fascistes, j’avais trouvé là la bande-originale qui me permettrait d’aller chasser les nazis, nu, sous la pluie, avec un loup. En huit minutes et vingt-trois secondes, j’ai compris que, s’il ne devait en rester qu’un, ce serait lui: Jessica 93 était devenu mon Connord McLeod.

La cavalcade suivante –  »Origines », fronde à cordes bilinguales – fut la confirmation que peu d’entre nous sortiraient indemnes de cette épreuve. Ma collègue, d’ordinaire peu loquace car captivée par les lolcats en gif, ne put s’empêcher de me harceler de questions concernant ce nouveau héraut de nos douleurs intestines. J’étais coi, et affligé d’avoir ainsi jeté d’un revers de la pinte notre pygmalion trois jours auparavant.

« Laisse-moi tranquille, je veux être une fille« , nouveau refrain générationnel, sortit de mes enceintes en guise de réponse.  »Poison » fut le paroxysme de ce coup de foudre qui court toujours. Battements de cœur synchronisés sur cette boite à rythme diabolique, ce tube justifie à lui tout seul de vider son compte pour toute la MDMA du monde. Et c’est le poing levé, sourire béat, que la fête se poursuit avec  »French To The Bones ». Si Jessica 93 ne nous l’a pas confirmé,  »Sweet Dreams » dessine le tableau d’une fin de vie éthylique, celle où les pompiers viennent recueillir à la demande des voisins un corps jauni, oublié, couvert d’excréments sortis à titre posthume, sans consentement.

Avant de repartir à la fosse commune,  »Who Cares » ne nous laisse pas sans conclusion frénétique. Définitive, elle clôt un disque trop court, à l’instar de son prédécesseur  »JESSICA 93 » dont l’existence nous est désormais connue (son écoute est tout aussi indispensable).  Avec  »Who Cares », Jessica 93 s’érige comme une nouvelle icône transgenre dans un monde où strass et paillettes riment avec glaires et pellicules. La mort est belle. Claque de fin.

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