Jeremiah Jae – « Raw Money Raps »

jae180Album
(Brainfeeder)
24/07/2012
Hip hop 3.0

Encore méconnu du public hip hop, Jeremiah Jae ne s’était jusque là distingué que par le biais de maxis et de mixtapes. Originaire de Chicago, progéniture d’un jazzman ayant évolué aux côtés de Miles Davis, le jeune homme est désormais basé à Los Angeles, plus proche de son label Brainfeeder et de cette scène qui manifestement l’influence, que de celle qui l’a bercé. Car, comme en atteste « Raw Money Raps », et pas mal de morceaux qu’il contient (« Rover », « Greetings »), c’est bien dans l’héritage de J-Dilla comme dans le hip hop psychédélique de Madlib et la scène pointue de la Cité des Anges qu’il faut aller chercher les trois plus grosses ficelles largement utilisées par ce véritable petit génie. Souvent accessible dès les premières écoutes, parfois déboussolant du fait de sa grande diversité, mais toujours généreux à l’image de la quasi vingtaine de titres qu’il aligne ici, le Mc/producteur voit toute sa valeur se dévoiler au fur et à mesure que l’auditeur fait preuve de persévérance pour suivre le fil. Alors, le Californien touche finalement du doigt une cohérence sur laquelle on n’aurait jamais misé un seul centime. Parce qu’il faut un indéniable talent pour faire cohabiter au sein d’un même album des titres aussi différents que le très club « Money & Food », l’introspectif premier single « Money », un hip hop aux apparences classiques (« Cat Fight »), des productions brumeuses qui n’ont même pas un beat sur lequel s’appuyer (« Ignorant Mask », « Tourist »), sans compter quelques poussées abstraites et expérimentales pour vernir le tableau (« Wires », « Hercules Versus The Commune »). Avant de se faire un avis définitif sur ce « Raw Money Raps », impossible donc de l’écouter autrement qu’avec du temps et toute la bonne volonté qu’il mérite. Parce qu’il ne s’est pas fait en un jour et parce que, à l’image de quelques pépites qui s’y cachent (l’ovni « Guns Go Off », « Leaders », l’insaisissable « The Great Escape »), il ne fait aucun doute qu’on est loin d’avoir tout entendu de la part d’un Jeremiah Jae appelé à être un très grand de demain. Par plaisir purement insolent, on aurait pourtant tellement aimé contredire ce Flying Lotus tout en admiration devant son petit protégé…

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