Jel – « Soft Money »

Soft Money[Album]
28/02/2006
(Anticon/Differ Ant)

Le rythme, Jeffery James Logan, plus connu sous ne nom de Jel, l’a toujours eu dans le sang. Attiré dés son jeune âge par la batterie, c’est surtout la découverte de la SP 2000, outil incontournable de tous producteurs hip hop, qui alla le mettre sur la voie de la reconnaissance. D’abord par quelques opus solo, ensuite par son investissement au sein de Subtle, Deep Puddle Dynamics, Clouddead, Themselves et 13 & God, toujours en compagnie de Dose One, son compère depuis l’adolescence. Aujourd’hui, ce blondinet, qui passa son adolescence à composer dans sa chambre et à donner un coup de main à la station de radio locale histoire de refiler en douce ses productions aux invités de passage, est ni plus ni moins devenu le maître de cette boîte à rythmes aux possibilités infinies, mais aussi une des pierres angulaires d’Anticon, label californien de hip hop avant-gardiste et précurseur d’un mouvement qui sévit maintenant depuis quelques années. Ce son atypique il y a presque dix ans, Jel l’a rendu familier au point d’en faire la marque de fabrique du label, mais s’est, en plus, construit une solide réputation en live ou le bonhomme se sert des pads de sa machine pour une prestation rythmique toujours époustouflante de dextérité.

Depuis « 10 Seconds » sorti il y a maintenant trois ans, Jel a fait du chemin, s’est encore amélioré, ce qui promet à « Soft Money », son nouvel album, de ne pas passer inaperçu. Construit sur les mêmes bases et le même concept, c’est à dire avec sa SP 2000 comme simple instrument, cet homme machine transpire désormais une maturité définitivement acquise. Ce disque n’a pas l’aspect brut de ses prédécesseurs, arrondit les angles, et affiche une fluidité qui pouvait autrefois lui manquer. Désormais, Jel n’est plus uniquement le petit producteur underground qui monte. Il se veut influent. Une fois passée l’ouverture « To Buy a Car », une ode anti-pub, « All Day Breakfast » (aidé par l’intervention de musiciens de Why?) rentre dans le vif du sujet: beat sans concession, profondeur, richesse de composition, accroche, mélancolie, tout semble réuni pour que ce « Soft Money » marque autant qu’un Dj Shadow ou qu’un Boards Of Canada. Et ce n’est pas, par la suite, les basses de « No Solution » ou les énormes « Sweet Cream In It » et « Know You Don’t » qui viendront faire baisser l’attention. Tout comme les contributions parfois essentielles de bon nombre d’invités tels que Fog, Dosh, Hervey Salters (General Electrics), Steffi Bohm (Ms John Soda), Pedestrian, Odd Nosdam, ou Wise Intelligent (Poor Righteous Teachers).

Jel enfonce donc le clou. Entre ambiances très personnelles, et réminiscences de RJD2 où même Company Flow, il largue là une douzaine de titres qui ne nous font pas regretter une si longue attente. « Soft Money », par sa finesse et sa richesse, est une des plus belles réussites de hip hop progressif. Le producteur d’Oakland, sauvé du flou collectif de ses autres projets, remet donc quelque peu les pendules à l’heure et rappelle, à qui veut l’entendre, qu’il a bien dompté la machine. Un grand pas pour l’homme…

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