Jamie T – « Panic Prevention »

Panic Prevention[Album]
16/04/2007
(Pacemaker/Emi)

L’Angleterre a le vent en poupe, et semble avoir le don pour révéler au monde entier le moindre artiste à la musique et à la personnalité atypique. Même si, ces derniers temps, ce constat s’avère trop récurrent pour être pris au pied de la lettre, il faut bien avouer que l’arrivée de Jamie T sur le devant de la scène fait, comme ses prédécesseurs, oublier la toute nouvelle icône en date. Pourtant, à première vue, ce jeune branleur n’a rien d’exceptionnel, son timbre de voix se rapprochant d’Arctic Monkeys, ses compositions de Plan B, et son arrogance de The Streets. Je vous l’accorde, il ne manquait plus qu’un brin de Klaxons pour que la pochette de ce « Panic Prevention » ne remplace la carte du pays dans chacune des classes d’outre Manche. Cela pourrait déjà être le cas, l’Anglais incarnant l’image idéale du jeune anticonformiste, complètement ancré dans le contexte social de l’Angleterre moderne, à en croire certains de ses textes assez sombres

Tout a commencé quand il se met à la basse durant son adolescence, trouvant là l’exutoire parfait pour s’échapper de ses crises de panique, comme un Vincent Lindon se voit débarrassé de tous ses tics au premier clap. C’est d’ailleurs en rendant hommage à son instrument fétiche qu’il entame ce premier album, « Brand New Bass Guitar » affichant déjà une personnalité bien marquée avec un chant à l’accent prononcé se posant sur un blues acoustique décalé. Voilà qui ne sera qu’un aperçu, car c’est à partir de là que Jamie T abat ses meilleures cartes, dont les hits « Salvador », « Operation » et « Calm Down Dearest », sûrement les plus aboutis, mélangeant avec subtilité influences folk et hip hop, même si cette dernière touche est seulement amenée par un phrasé particulier car haché, ainsi bien éloigné des The Streets et Plan B (à l’exception de « Sheila »)

Cela ne lui aurait pourtant pas suffi pour justifier tout ce foutoire médiatique, qu’il n’a d’ailleurs jamais vraiment souhaité. Si vocalement, il affiche une conviction touchante (« Dry Off Your Cheeks »), musicalement aussi, Jamie T fait son petit effet. Notamment, lorsqu’il balance des compositions un peu cheaps, bancales, empreintes d’une certaine naïveté, et d’un détachement dont seuls les Anglais ont le secret. « Panic Prevention » sonne souvent comme du fait maison, comme le groovy « So Lonely Was The Ballad » laissant penser à du Jackson 5 repris au Bontempi, l’acoustique « Back In The Game » digne d’une nouvelle star du métro, les plus punky « Pacemaker » et « Ike & Tina », ou « If You Got The Money » trahissant quelques berceuses sous Clash

Incontestablement, c’est tout cela réuni, et surtout un charisme qui va jusqu’à transpirer sur disque, qui aura permis à Jamie T d’attirer l’attention des maisons de disques. Car, au fin fond de la Grande Bretagne, certains musiciens à l’approche quasi similaire se comptent peut-être par centaines, mais ne possèdent sûrement pas une telle force de conviction. Avec deux ou trois bouts de ficelle, l’écorché Jamie T est capable de vous contenter sur mesure

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