Jamie Lidell – « Jim »

Jim[Album]
07/04/2008
(Warp/Discograph)

Prenez le Jamie Lidell de « Muddlin Gear » (2000), dont l’IDM allait parfois jusqu’à rappeler Aphex Twin et Squarepusher, et celui du « Jim » d’aujourd’hui… On comprendrait votre impression de ne pas avoir affaire au même homme. C’est un fait, musicalement, l’Allemand aura parcouru un sacré bout de chemin jusqu’à ce nouvel album que la presse musicale s’empresse déjà de nommer successeur du « Back To Black » d’Amy Winehouse. Comme si elle oubliait soudainement que, même si la demoiselle a pondu là une oeuvre quasi irréprochable, elle doit essentiellement ses ventes astronomiques à des apparitions aussi tristes que récurrentes dans les tabloïds. Ce qui ne sera pas le cas de Jamie Lidell, beaucoup plus sain(t) et, avouons le, bien moins inspiré sur ce « Jim » qui ne fait qu’emboîter le pas d’un « Multiply » (2005) qui alternait déjà le bon (« Multiply », « Game For Fools ») et le très moyen. Une avancée en dents de scie qui écorche encore en 2008..

Normal, quelques similitudes persistent, comme ces « All I Wanna Do » et le final « Rope Of Sand », ballades langoureuses cette fois en demi-teinte, sur lesquelles Jamie Lidell se fait crooner au sein d’un opus encore une fois trop clinquant et trop propre. « Jim » est une seconde salve énergique dont la plaque tournante est une nouvelle fois un chant certes irréprochable, mais baigné dans un décor has been qui peut autant rappeler les Stevie Wonder, Prince, et Otis Redding que ce cher Elton John (« Wait For Me ») ou notre Sinclair national (« Figured Me Out »). Autant dire que l’excitation ira selon, qu’il fasse preuve de spontanéité ou que tout fleure bon le prévisible et le calculé

Il n’en fallait pas plus pour jouer la sécurité, caresser toutes les générations dans le sens du poil, retirer à l’une pour donner à l’autre, et inversement. Car le destin de « Jim » est tout trouvé: soit le fiston retrouvera son disque dans l’auto radio de papa qui se sentira pousser des ailes de jeunesse ou y retrouvera quelques doux souvenirs d’une lointaine adolescence; soit le « pater », pour retrouver son bien, devra affronter le foutoir de sa progéniture ayant trouvé là le parfait alibi pour s’afficher en gosse irréprochable pour mieux aller fumer des joints en cachette. On vous l’accorde, les traits sont grossiers, mais on s’en rapproche

Peu importe son usage, et comme pour souligner encore un peu plus l’image de gendre idéal de son auteur, « Jim », produit en collaboration avec Mocky et Gonzales, est un disque qui peut s’écouter du matin jusqu’au soir. Et contrairement à quelques infâmes loupés qui jonchent ce disque (« Wait For Me », « Figured Me Out »), nul ne pourra résister aux grands moments de ce tracklisting, incarnés par l’ouverture « Another Day » (à écouter au réveil), le funky et cuivré « Little Bit Of Feel Good », ou le survolté « Hurricane », seules vraies réjouissances de ce disque sauvé par ces quelques singles. Nul besoin de tant de raffut pour ce qui n’est au final que de la (bonne) musique à papa..

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