Jake One – « White Van Music »

White Van Music[Album]
13/10/2008
(Rhymesayers/Pias)

Travailleur de l’ombre au sein de la scène hip hop américaine toute entière, Jake One récolte désormais les fruits d’une solide réputation avec la sortie de « White Van Music », un premier album officiel et bien mérité tant il a pour habitude de se montrer à son aise, à l’Est comme à l’Ouest, avec des Mcs de tous calibres. Il tente ainsi de le prouver tout au long de ce tracklisting ou il se met au service d’une ribambelle de rappeurs, dont quelques-uns assez prestigieux pour susciter le plus grand intérêt. Black Milk, pourtant meilleur producteur que Mc, est le premier de la liste et affiche la couleur sur une version volontairement encrassée. Mais bien qu’il montre assez de velléités pour se hisser au rang d’un Madlib privé de génie, Jake One manque le coche en ne réussissant pas à cacher de trop nombreux loupés (« The Truth », « Feelin My Shit », « Soil Raps »), et pas mal de banalités (« God Like », « Oh Really », « Dead Wrong », « How We Ride »). Et ce ne sera pas faute d’afficher la meilleure volonté pour s’adapter à sa clientèle. Heureusement, mais en quelques occasions seulement, il balance un beat assez solide pour supporter du MOP (« Gangsta Boy ») comme du Busta Rhymes (« Kissin The Curb » avec Bishop Lamont), une belle couleur soul taillée pour Little Brother (« Bless The Child »), une autre funk aussi lumineuse pour la triplette Alchemist/Evidence/Prodigy (« White Van »), ou enfume la pièce pour y accueillir MF Doom (« Trap Door » et le plus en demie teinte « Get’Er Done »). Plus tard, notre enthousiasme quelque peu ravalé ne refusera pas les classiques piano et cordes pour Blueprint (« Scared »), ni les basses en plus pour Royce Da 5’9 et Elzhi (« Glow »), malgré que les deux de Detroit ne s’affirment pas ici comme les meilleurs Mcs du circuit. C’est d’ailleurs ce qui fait le plus souvent défaut à ce « White Van Music » aux nombreux atouts, mais tous tirés dans le désordre. En effet, jamais Jake One ne parvient véritablement à être sur la même longueur d’onde que ses invités: quand il brille, les Mcs font le plus souvent preuve d’une verve appauvrie. Difficile donc, devant tant d’inégalités, de ne pas s’apitoyer sur le sort de Jake One, bien malheureux en étant pourtant si bien entourés: un comble qu’il aurait peut être pu éviter en ciblant un peu plus ses collaborateurs, plutôt qu’en piochant à la fois dans l’underground et le mainstream

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