Jackson Analogue – « And Then Nothing »

And Then Nothing[Album]
14/01/2008
(Groove Attack/Nocturne)

A force d’avoir vu défiler tous les grands de l’histoire du rock sur leurs terres de l’Ile de Wight, il n’est finalement pas étonnant que les cinq Anglais de Jackson Analogue soient tombés dans la marmite alors qu’ils étaient tous jeunots. Pas étonnant non plus que le rock soit pour eux inscrit dans les gênes plutôt que dans l’attitude ou l’apparence. A vrai dire, de leur Angleterre profonde, loin d’un Londres ou le look a son importance, le contraire n’aurait eu que peu de sens. Ce que veut Jackson Analogue, c’est être reconnu avant tout pour la qualité de sa musique, celle qui pioche allègrement dans toutes les époques de son registre, du blues-rock de Muddy Waters, Creedence Clearwater ou Lynyrd Skynyrd à la soul, en passant par le rock classique des Who ou de Led Zeppelin, le grunge des années 90, et tout ce que la scène de ce nouveau siècle ait pu voir naître de plus excitant

Voilà pourquoi « And Then, Nothing », premier opus produit par Head (PJ Harvey, Massive Attack) que le groupe aura mis dix huit mois à accoucher, saura rameuter sous son aile plusieurs générations de rockeurs. Les plus vieux se verront alors rajeunir, tandis que les plus jeunes se sentiront vieux cons, allant même jusqu’à regretter de ne pas avoir été plus ouvert au rock que papa leur aura tant vanté durant toutes ces années. Un réel atout qui aura propulsé le combo vers des hauteurs qu’il n’avait jamais espéré jusqu’alors. Surtout quand, en 2004, il a décidé de faire chauffer les lampes des amplis pour fuir l’ennui de leur région natale devenue au fil du temps rayée de la carte du rock n’roll, et qu’il gardait bien précieusement une âme malheureusement trop rare aujourd’hui

Si classique sur papier, on pourrait éditer une liste interminable de formations proches de Jackson Analogue (The Bees, Kings Of Leon, Yardbirds, Small Faces, The Doors…). Sauf que ces Anglais ont tellement su digérer leur éducation musicale qu’il en ressort simplement un répertoire accessible à tous, et surtout assez bien mené pour ne pas faire figure de simple plagiat. Mais voilà, à voir à quel rythme les groupes de rock prolifèrent aujourd’hui, difficile de sortir du lot. Et bien que réussi, « And Then, Nothing » n’est pas l’assurance pour le groupe de se faire un nom, de s’afficher comme un élément d’une nouvelle génération surmédiatisée. Quelques titres, électriques (« Janis », l’excellent « Stop ») ou acoustiques (« Concrete Hands », « Disco »), l’aideront peut être, mais Jackson Analogue n’est pas assez tendance pour figurer au sein de tous les magazines musicaux devenus les nouveaux gourous d’une jeunesse un peu perdue. Si la hype rock n’roll vous emmerde au plus haut point, que vous cherchez en vain ses bonnes vieilles valeurs, que vous êtes définitivement plus Wight Spirit que lingettes polluantes, Jackson Analogue vous parlera sûrement. Encore plus à l’avenir, s’il devait abattre la carte de la surprise..

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