Jacco Gardner – ‘Hypnophobia’

Album / Full Time Hobby / 04.05.2015
Pop baroque

En 2013 sortait ‘Cabinet Of Curiosities’, le premier album d’un Jacco Gardner venu agrandir la liste des multi-instrumentistes obsédés par la musique du passé (Tame Impala, Jonathan Wilson..), surfant sur la vague prolifique du revival psychédélique. Deux ans plus tard, après une tournée épuisante et une période de doutes, le hollandais – de ses propres aveux plus à l’aise au studio qu’à la scène – revient avec un disque moins pop mais toujours aussi rétro. L’album tient son titre d’un phénomène de rêve semi conscient qui lui a non seulement permis d’apprendre sur lui-même, mais aussi de l’influencer dans son écriture. On y retrouve ses harmonies tordues héritées des Beach Boys, Zombies ou Syd Barrett (‘Brighly’, ‘Face To Face’), son chant éthéré, et pléthore de sons ‘vintage’ (Wurlitzer, clavecin, fuzz..), le tout servi par une production estampillée 1967, typée sans pour autant abuser des effets psychés.

Gardner y délaisse souvent le format pop au profit de longs passages instrumentaux planants (‘Before The Dawn’, ‘Hypnophobia’, ‘All Over’). Plus mélancolique et rêveur que le précédent, ce nouvel album est également plus touchant du fait qu’il perde son côté bon élève et livre une musique toujours référencée, mais plus personnelle et humble. Les influences s’élargissent, on pense à Broadcast (il a d’ailleurs recruté Julian House du Focus Group pour la pochette), à François De Roubaix (‘Grey Lanes’) pour son coté cinématographique et contemplatif. Bouclé en une année lorsque le précédent s’étalait sur une petite décennie, ‘Hypnophobia’ gagne en cohérence mais demande un certain temps à l’auditeur pour qu’il apprivoise ses morceaux à l’écriture moins évidente. Au final, le hollandais signe un opus parfois errant et hypnotisant, souvent touchant, qui mérite qu’on s’y attarde, même s’il aura plus de mal à faire autant l’unanimité que son prédécesseur.

‘Brighly’, ‘Hypnophobia’

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