J Zone – « $ick Of Bein’Rich »

$ick Of Bein'Rich[Album]
22/07/2003
(Fatbeats/Chronowax)

Sans chercher à contredire ceux qui penseraient que le rap serait, depuis plusieurs années, moribond, la scène new-yorkaise semble petit à petit, mc après mc, renaître de ses cendres, pour notre plus grand plaisir. Dans cette optique, saluons la sortie du dernier album du fantasque J-Zone qui, avec son « $ick of Bein’ Rich », se positionne comme une des valeurs sûre de la nouvelle génération des rappeurs new-yorkais

Sous le désormais fameux label Fat Beats et dans la continuité d’artistes comme Danger Mouse et Gemini, avec qui il tourne en ce moment, le rappeur originaire du Queens sort un troisième album qui pourrait le faire définitivement sortir du relatif anonymat où il se trouve. Après avoir prouvé ses talents de producteur à travers les albums de Louis Logic, Al-Shid, ou même du légendaire Biz Markie (« Chinese Food »), Captain Back$lap (comme il se fait appeler) se concentre sur sa carrière solo et sort un produit qui du premier au dernier morceau assouvira vos besoins en gros sons

Pour vous donner une idée concrète, on peut considérer que l’inspiration des productions de « $ick of Bein’ Rich » sont à chercher chez un Pete Rock où Dj Premier, comme d’ailleurs il le revendique. En 20 morceaux, il démontre là l’étendue de ses talents et nous gâte par ses productions à la fois lourdes et recherchées, notamment à travers la multitude et l’originalité des samples qu’il a puisé dans les musiques folkloriques antillaises, grecques, ou même chinoises, mais toujours avec beaucoup de légèreté, voire d’humour. En effet, si il y a bien deux qualificatifs qui peuvent illustrer la personnalité de J-Zone, ce seraient drôle et loufoque… Sur scène comme dans ses textes, il prend à contre-pied les clichés du rap, se moque des gangsters d’Mtv et de leurs inévitables bijoux trop lourds pour leurs petites têtes; concrètement cela l’amène à se produire sur scène avec un manteau en fausse fourrure que même les descendants de Kurt Cobain ne porteraient pas, le tout surplombé d’un pendentif $ (en plastique doré !) gros comme ceux de Master P et Tupac réunis… Ce pendentif qui lui tient tant à coeur fait même l’objet d’un très bon morceau sur l’album, « Bling Around the Collar (Fake Gols Chain) »

Il semble assez délicat de chercher dans ce disque un morceau sortant du lot tant le tout forme un ensemble plaisant et cohérent, soulignons tout de même l’originalité de « 7.38th & 8th » en featuring avec Al-Shid, ou celle de « Gimme, Gimme, Gimme » avec Masta Ace; les amateurs du Labcabincalifornia de Pharcyde apprécieront certainement le morceau « Too Many Babie$ » qu’il réalise avec Go-Rilla Pimp$, et enfin le featuring avec J-Ro (Alkaholiks) aura le pouvoir de vous faire remuer la tête « à l’insu de votre plein gré »… Si J-zone ne révolutionne pas le genre par son flow, il a tout de même le mérite d’être assez compréhensible pour vous faire découvrir son univers déjanté. Et pour les plus chauvins d’entre vous, un petit clin d’oeil est fait à notre gastronomie dans l’interlude « Château Blanc » en référence à l’une des chaînes de resto les plus mauvaise d’Amérique. J-Zone réalise là un excellent travail qui saura vous faire passer un bon moment.

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire